D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XI. 433"
Charles conçut un nouveau chagrin d’un événement qui donna plus de con*fidération à la Ligue de Smalkalde : François I accepta la médiation desPriir lemagiìe, *ces Protestans pour terminer ses différens avec le Roi d’Angleterre; la paix 1519-1558.fut en effet signée, mais les Princes ne conservèrent pas longtems cette scru- ,
puìeuse impartialité qui convient à des Arbitres: iìs négocièrent avcc HenriVIÌÍ pour leurs intérêts particuliers; ils lui demandoient des secours , s’ils Smikilie,étoient attaqués par l'Empereur: le Roi d’Angleterre voulut les leur vendretrop cher ; ne prétendant pas moins qu’à devenir le chef de la ligue, &à avoir fur eux la même autorité que Charles exerçoit fur le reste de l’AIle-mapne: ce defièin étoit déguisé sous des conditions en apparence avantageu-ses^ la ligue; mais les Princes ne prirent pas le change; les propositionsd'Henri furent rejetées; on se contenta de lui mander,'que, s’il vouloir en-voyer cent mille écus aux Confédérés, ils préfereroie-nt l'on alliance à cellede François I.
Cependant Rome n’avoit point encore (1) prononcé fur le fort de l'Ar-chevêque de Cologne : on se rappelle les murmures qui s’étoient élevés con-tre ce Prélat, les efforts qu’il avoir faits pour élever le Luthéranisme sur lesruines du Catholicisme dans ses états, & les menaces infructueuses , dontl’Empereur avoir voulu l’effrnyer. Le Pape l’excominunia: on ne pouvoirdésaprouver cette conduite, l’Àrchevêque lui-même s’étoit excommunié, ense détachant de l’Ëglise; mais le Pontife devoir borner là les effets de soncourroux: il ne devoir pas usurper une puisiànce qui n'appartient qu’à l'Em-pereur & à l’Erapire ,• celle de priver un Electeur de fou Electorat, de ledépouiller de ses états, & de dégager ses sujets du serment de fidélité. Parune autre Bulle Paul III ordonnoit à tous les diocésains de Cologne d’obéirà Adolphe, Comte de Schau.nbourg, Coadjuteur de i’Archevêque Herman:
Charles, qui vit son autorité lésée par cette sentence, s'opposa à l’exécution:il traita même l’Archevêque avec plus de ménagement,' lorsqu’il vit le Papes’arroger le droit de le châtier.
On convoqua une nouvelle diete à Ratisbonne (2) les Princes Proteslans Diete deinvités à s’y trouver en personne, se contenterert d’y envoyer des députés. Rviiíonnf,Charles s’étendit beaucoup fur la nécessité de rétablir la concorde dans l'Em-pire: „ des affaires importantes, dic-il, m'appeiloient en Elpagns: je les ai„ sacrifiées au bien de l’Empire, l’intérêt général me sera toujours plus cher., que le mien; imitez mon zele, & ne sortons de cette assemblée qu’aprcs„ avoir fait ia paix, ou pris des moyens sûrs pour la faire” : les Protestansdemanderent un Concile national ; outre le danger de s’expatrior un Concilegénéral leur sembloit trop tumultueux ; les peuples ont différens préjugés,différens système?; comment réunir trait d’opinions? il falloir, difoient-iìs,qu’une Nation fixât elle-même fa croyance. Charles représenta que lesConciles Nationnaux n'étoient institués, que pour la réforma tion des mœurs;que les articles ellèntiels de la foi n'étoient point de leur ressort ; que le passén’avoit que trop démontré l’infeffisance & même l’abus des Colloques, où lesDocteurs n’apportoient de part & d’sutre qu’nne invincible opiniâtreté, qui sefortifìoit encore par leurs querelles: les Protestans ne lurent point satisfaits de
(2) Sleid. L. XVII.lii
(1) Palavic, L, V. VI.I'OìHC