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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L’EMPIRE

Sect. XI.

H-íl. à’Al-lemagne ,1519 - 1553 -

EaBion enfaveur deHenri deBiumviick.

Ligue con-tre í'Empe-reur.

cette réponse ; & ils s’écrierent qu’ils ne reconnoîtroient jamais le Concile deTrente. Charles indigné de leur obstination fie secrètement armer des trou-pes; il distribua de l’argentà ses partisans pour de nouvelles levées, & l’onvit dans les Pays-bas des corps de cavallerie & d’infanterie prêts à fondre furT Allemagne au premier signal ; les députés des Protestans demanderent h l'Em-pereur ( 1 ) la cause de ces préparatifs, si, les ayant assemblés pour la paix,il alloit leur déclarer ,1a guerre, & s’il vouloir prouver par des massacres lavérité de la foi Catholique: „non, répondit Charles V, mon dessein n'est„ pas de trancher par le glaive les questions fur lesquelles nous sommes divi-„ fés: mais la Majesté de TEmpire est attaquée, & j'en fuis le vengeur: des„ esprits factieux troublent la tranquillité publique, & je veux les punir; je„ fçaurai distinguer les coupables, & les châtier, il ne s’agit point ici de guerre„ de Religion; je fuis le défenseur des loix civiles, & je veux les faire exé-„ cuter”: en même temps il invita les villes Catholiques, & même les villesLuthériennes à s'unir à lui pour rendre le calme à l’Empire, troublé par desséditieux.

Henri de Brunswick, étoit toujours prisonnier entre les mains du Land-grave de Hesse; Jean de Brunswick son neveu s’étoit uni h Albert de Bran-debourg pour le délivrer; & Jean de Brandebourg, gendre de Henri s’étoitassocié à la même entreprise; iis alloient la tenter lorsqu’Albert leur exposaces réflexions. „ L’aííaire d’Henri de Brunswick, leur dit-il, intérelfè la„ Religion: s’il ne s’agissoit, que d’un intérêt politique, le Landgrave de„ Hesse feroit seul contre nous ; mais dès que la Religion est compromise„ dans cette querelle, vous verrez tous les Protestans accourir fous les dra-,, peaux de nos ennemis; quel fera l’esset de cette guerre? celui de rendre„ la captivité d’Henri plus dure: attendons, pour briser ses fers, une occasion„ plus favorable: ne m'accusez ici ni de crainte ni d’infidéiité; c’est mon„ zele pour Henri, pour vous qui me dicte ce conseil. Si vous m’accusez„ de timidité, si vous voulez courir aux armes, je dissiperai vos soupçons en„ mourant pour la cause commune”. Ce conseil ne fut pas suivi, Albertqui l’avoit donné fut lui-même élu Général, les Princes firent alliance en*tr’eux & réglèrent leurs contingens. L’Empereur applaudit à ce projet, ratifiala confédération, promit des troupes, & laissa espérer qa’il les commanderaiten personne : cette résolution de Charles ne fut pas longtems ignorée; elle fut

pour les Protestans le signa! d’une révolte générale ; une armée formée parles villes & les Princes Luthériens vint camper à Giinsberg , & reconnutSébastien Schertelin pour Ion Général, en attendant l’arrivée de i'Electeur deSaxe & du Landgrave de I leste. Charles, malgré la fermeté de son carac-tère, fut allarmé de ces préparatifs, & quoiqu’il eût cru d’abord , qu’il pou*voit écraser cette ligue avec les seules forces de l’Empire, il eut recours auPape: o;t conclut un traité qui portoit, que le Pontife donnerait deux censmille écus pour les frais de cette guerre, qu’il enverrait en Allemagne douzemille hommes d’infanterie Italienne, & cinq cens chevaux légers; qu’il ac-corderait à l’Empereur pour Tannée présente, la moitié des revenus ecclé-siastiques d’Espagne, qu’il lui permettrait d’aiiéner les biens des monastères

(:) Bell. SmalkakL ap. Frther. T. III.