D’ A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. XI.
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áe ce Royaume, jufqu’à la concurrence de cinq cens mille écus; que le Pape c] .^partagerait avec l'Empereur les dépouilles des vaincus; que Charles ne pour- J ewigne,roi c faire aucun accord avec les Protestans avant six mois, fans la participation iS'&-:553.du Pape; qu’après ce terme expiré on feroit de nouvelles conventions, si la ‘guerre duroic encore ; que, si quelque Souverain déclaroit la guerre à l’Em-pereur tandis qu’il auroit les armes à la main contre les Protestans, le Papelancerait contre lui toutes les foudres du Vatican (i).
Les Puissances voisines se virent sollicitées par les deux partis ; les Suisses& Venise par les Proteslans pour ne pas accorder de passage fur leurs terresaux troupes Italiennes, & par le Pape pour fe liguer avec l'Empereur & luicontre les Luthériens. L'Allemagne fut bientôt inondée de manifestes, oùl’Empereur d’un côté,les Protestans de l'autre, groíîìíîòient les outragesqu’ils«voient reçus , & diílìmuloient ceux qu’ils avoient faits. Nous ne rendrons pointcompte de tous ces écrits. Les Princes none point renoncé n l'usage de lesrépandre, quoiqu’ils n’ignorent pas que les peuples ne fe laissent pas séduirepar ces vains prétextes, & que même un motif véritable n’obtiendroit pasleur confiance, s’il fe trouvoit énoncé dans un Manifeste. L’Empereurpourfortifier son parti ou du moins pour lier les mains de deux Princes qu’íl redou-toit, maria les Princesses Anne & Marie, filles de Ferdinand, avec Albert filsdu Duc de Bavière, & Guillaume Duc de Cleves ; par le premier de cescontracts Albert renonçoit à tous les droits, qu’il pouvoit prétendre du chefde ses ancêtres fur la succession de Ferdinand; l’ArchiJuehelTe pourvue d’unedot de quatre cens mille florins, renonçoit de même à tout cequ’elle pouvoitattendre des auteurs de fa vie : mais, si les fils ou neveux de Ferdinand nelaiPsoient point de postérité masculine , les couronnes de Bohême de Hongrie,
& i’archiduché d’Autriche retournoient h la Princesse Anne, comme s’il n’yavoìt point eu de renonciations.
Cependant les Protestans s’étoient rendus maîtres des paílàges des Alpes,par lesquels les Italiens dévoient entrer en Allemagne; bientôt ils entrerentdans Diliingen: Donawert résista ou parut résister pendant quelques jours, &ouvrit fes portes ; enfin le Landgrave de Hesse & l’Electeur de Saxe paru-rent, suivis de leurs troupes; outre ces deux puiísens Princes on comptoitparmi les. con fédérés, Jean Ernest, frere de l’Electeur de Saxe; Jean Fridericfils du même Electeur; Philippe de Brunswick & les quatre Princes fes fils,
Ernest, Albert, Jean &Wolfgang;François, Duc de Lunenbourg; Wolfgang,
Prince d’Anhalt; Christophe de Henneberg; George de Wirtemberg, freredu Duc Ulric; le Comte de Mansfeld & ses deux fils, Jean & Wolrade; leComte Louis d’Oectingen & son fils; le Comte Guillaume de Furstembc-rg;le Comte d’Oldembourg, & les Comtes de Beuchlingen & de Heiáeck;
Henri de Schomberg , & Theodoric Tauben : nous ne nommons point ici
Jes officiers moins recommandables par leurs titres que par leur bravoure, &
plus utiles peut-être, que les Princes. On fe doute bien que le Landgrave £« Cmfi<
de Heíse: & i’EIecteur de Saxe ne tarderent pas a ctre mis au ban de l’Em- dèrisjont
pire; &, quoiqu'il soit ridicule de décréter des Princes, qui font h la tête
de leurs armées, on fe feroit bien gardé de manquer à cette formalité : on les e m
(0 Sleidan. L. XVII. Belcar. L. XXIV. Thuan. L. II £? IísMît.
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