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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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4Z6 HISTOIRE DE L’E M P I R E

Scct. XI-Ilijl. d Al-len - ; s gn c ,I5i9 -1 55*-

Les deuxlimées en■présence.

bannit, tandis qu’ils s’avançoient, faisant des conquêtes; on dégagea leurssujets du serment de fidélité, tandis qu’une multitude de Luthériens qui n’é-toient pas même leurs sujets alloient leur jurer une obéissance fans bornes,enfin on déclara leurs états vacans, lorsque,-non contents de les conserver,ils conquéraient ceux de leurs voisins. Ils envoyerent à Charles une décla-ration de guerre dans les formes : on lisoit sur l’adresse cet injurieux équivo-que; a celui qui se dit Empereur. Le Monarque refusa de le recevoir &menaça celui qui l’apportoit de lui faire présent d'une corde au lieu d'uncollier d'or s’il ofoit revenir.

L’Empereur étoit campé à Landshut, où les Italiens vinrent le joindre;ils étoient commandés par Octavio Farnèse, Duc de Camérino, petit fils duPape. Ferdinand -Alvares de Tolede, Duc d’Albe , qui mérita par les ex-ploits la confiance de Charles, par ses ruses, l’estime des politiques, & parses cruautés l’horreur de tous les siécles, fut celui, que l’Empereur choisitpour commander en chef à tous ces corps réunis des différentes parties del’Europe: les deux armées s’avancerent l’une vers l’autre avec la même con-fiance, & fe rencontrèrent vers Ingolstadt fur les bords du Danube ( 1 ); il yeut d’abord quelques escarmouches, quelques attaques partielles, ouïes Pro-testans remporterent ces légers avantages qui ne décident point du fort de laguerre, mais qui excitent l’audace du soldat, & lui font désirer de plusgrands combats. Déjà ils n’étoient qu’à une lieue du camp de l’Empereur;leur armée fe développent en forme decroislànt; l’artillerie étoit au centre;ils marchèrent dans cet ordre avec la contenance la plus fiere jufqu’à millepas des Impériaux: alors leur artillerie foudroya l'armée de l’Empereur,qui,voyant quatre batteries s’élever, la rangea en bataille, fit construire des re-tranchements, solides & impénétrables, & attendit que l’imprudence de l’en-nemi bazardât une attaque. II ne put cependant mettre un frein s l’ardeurdeVitelli, Colonel Italien, qui s'avança jufqu’aux premiers rangs des Confédérés,action plus digne d’un Chevalier errant, que d'un bon officier ; cependant1’Electi.ur de Saxe , témoin de fa témérité, ne put s’empêcher de dire ;„ Si Charles avoit un grand nombre de Héros pareils à celui là, toute l’Al-„ lemagne leroit bientôt subjuguée, & l’Europe entiere ne pourrait lui ré-•„ fister”. Conrad Krafster veut auffi-tôt lui prouver qu’il est dans l’arméedes alliés, des soldats qui peuvent égaler Vitelli. II part, suivi de dix cava-liers, court fus aux ennemis, fe précipite au milieu d’eux, porte des coupsterribles, reçoit plusieurs blessures, tombe fous son cheval, & dans cet étatcombat encore, défie les plus intrépides, & offre de fe battre seul à seulcontre quiconque osera se présenter. Ces actions que les Généraux défaprou-vent, mais qu’ils sont obligés de permettre, ne changeoient rien à la situationrespective des armées. L’Empereur étoit résolu de ne point compromettrecans une bataille la gloire de ses armes; les renforts que reçurent les alliés,L: -qui leur donnerent la supériorité du nombre le confirmèrent encore dan»cette pensée: le Landgrave, voyant qu’il ne pouvoit lui faire changer de ré-solution , passa le Danube, & fit une marche forcée pour prévenir la jonction

(i) Sleidan. L. XVJ3-'