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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Suer. Xí.Hist. d’Al-lema^ne,1519 I 5 S 8 .

Maurice deSaxe tourneses artn.escontre lesSaxons.

43S HISTOIRE DE L’EMPIRE

Chefs des confédérés: ceux-ci reçurent dans le même temps une nouvelleplus affligeante & moins douteuse; Maurice de Saxe, quoique Protestant lui-même, avoit tourné ses armes contre les Saxons Protestons, «Sc les avoit taillésen pieces (1): l’Electeur fe voyoit forcé de se détacher de Tannée de la liguepour aller en personne défendre íes états: cette défection nécesiàire, que lesalliés ne pouvoient défaprouver, les força à faire des propositions de paix.La premiere condition qu’exigea TEmpereur fut, que les états de TElecteurde Saxe demeurassent h fa discrétion, «Sc les confédérés étoient trop unis, pourimmoler ainsi un de leurs chefs à la vengeance de leur ennemi. La guerrefe prolongea fort avant dans la saison, où la nature, par Tintempérie du cli-mat , force les hommes à suspendre le cours de leurs cruautés : Charles eutquelques succès, «Sc le plus beau de tous fut de pardonner aux vaincus; cen ecoic plus ce furieux qui repaiíToit ses yeux cruels du spectacle des mortsentassés dans Duren. Ulm fe rend; il pardonne aux habitans; TElecteurPalatin vient fe jeter h ses pieds; il le releve & Tembrasse ; fa vengeance feborna à quelques contributions nécessaires h Tentretien de son armée: Franc-fort lui ouvrit ses portes & il auroit poussé plus loin ses conquêtes, si le Pa-pe, jaloux de ses succès & craignant de trop aggrandir fa puissance, ne sefut hâté de rappelles ses troupes. Un des prétextes,qu’il allégua pour justifiercette désertion, fut qu’on ne lui avoit point fait part des contributions qu’onavoit levées ; on fera moins étonné de voir Pavarice se mêler au zele de laReligion dans le cœur d’un Pontife, quand on songera que les héros la mê-lent quelquefois à la gloire, & que le vainqueur de Denain, n’étoit pas moinsjaloux de s’enrichir que de s’immortalifer.

Une maladie cruelle venoit de délivrer Charles-Quint d’un rival pour le-quel il avoit conçu autant d’estime que de haine, «Sc qui, seul dans TEurope,balança la gloire de cet Empereur par des qualités opposées aux siennes ;François I, ami des arts,protecteur des fçavans & sçivant lui-même,étoit bonPolitique, & encore meilleur Général (2). Charles en apprenant la mort de cehéros ne put s’empêcher de dire „ la France à perdu un grand Souverain,„ je ne fçais quand la nature pourra en produire un semblable: " il est douxde louer un ennemi qui n'est plus. Henri VIII descendit au tombeau dansle même tenrs, & les confédérés fe virent privés de deux alliés puissans, quiles secouraient secrètement de leurs finances, & qui, peut- être, fe íèroientpar la fuite déclarés ouvertement pour eux. L’Empereur tâcha alors de rui-ner la ligue cn détail; il en avoit détaché Maurice de Saxe; il parvint àattirer à lui le Duc de Wircemberg, & lui fit jurer, qu’il renonceroit à sonalliance avec TElecteur de Saxe, & le Landgrave de Heílè (z), qu’il aide-roit au contraire TEmpereur à les réduire, qu’il puniroit tous ceux de sessujets qui porteroient les armes contre TEmpereur ou le Roi des Romains;qu’il profcriroic dans ses Etats tout commerce avec les rebelles ; & qu’il li-vreroit à Charles Fartillerie & toutes les munitions dont les confédérés l’a-voient fait dépositaire; qu’il payeroit trois cens mille écus d’or pour les fraisde la guerre; ël que pour fureté de çe payement, il livrerait trois villes à

(1) Chy’rœur. L. XVIII. Jhrtens. L. V, Amcli Vit a Mnmitiì. (f) Voyez notre

Tome XXXI. png 71. (3) HortkUír. Hortens, L. V. Sleidan, L. XVIII.