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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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i (4 o HISTOIRE DE L’EMPIRE

Srct. XI. Le Duc d’Albe rangea Tannée Impériale en bataille, lança d’abord con-Hift. d’Al- tre les Saxons les Croates, terribles dans la mêlée, terribles dans la rerai-lemagne, t e, semblables aux anciens Scythes,& montés fur des chevaux presque au-1 519 t$58, tant agguerris que leurs maîtres; il ell certain que ces troupes contribuèrentl/EMieur beaucoup au gain de la bataille; le massacre des Saxons fut affreux: l’Elec-eft fait pi. teur fit pour rallier ses troupes, & faire changer la fortune, tout ce qu'otijbnnier. pouveit attendre d'un grand Capitaine ; mais, voyant qu’il ne pouvoit luttercontre le génie du Duc d’Albe, contre le bonheur de Charles, & contre literreur dont les propres soldats étòient frappés, il songea ù fa fureté. Déjàil approchoit d’un bois, dont Tépaiífeur lui auroit offert un sûr asile, lorl-qu’il fut reconnu; assailli de tous côtés, il fe défendit avec beaucoup de bra-voure, mais une blessure le mit hors de combat & il rendit les armes. On leconduisit vers TEmpereur, le sang couloit à gros bouillons de fa blessure;son courage, fes talents, Ion malheur, tout parloir pour lui; les soldats Im-périaux le regardoient d’un œ ; l respectueux ; mais leur maître le reçut avecmépris. „ Très-puissant & très-clément Empereur.... dit le vaincu ^ Charlesl’incerrompit. „La fortune vous à fait changer de ton, dit il; qu’est deve-„ nu ie tems où vous ne m’appeiìiez que Charles de Gand?” (1) en mêmetems il tourna bride, & ordonna qu’on gardât avec foin, & TElecteur &Ernest de Bruni-wick qui étoit prisonnier comme lui.

Mulberg fe rendit aux vainqueurs,; & bientôt les habitim de Wurtembergvirent paroi tre sous leurs murs Tannée triomphante ; ils n’en furent point ef-frayés , & menacèrent de traiter Albert de Brandebourg leur prisonnier,comme on traiteroit l’Electeur de Saxe dans le camp de l’Empereur: cettemenace ne fit qu’irriter davantage ce Monarque contre son malheureux en-nemi. La DuchefTè Sibille & íès En fans s’étoient renfermés dans la ville :Théroïne donnoit à la garnison l’exemple d’une ardeur martiale & dune in-trépidité au-dessus de son lèxe. Charles crut que l’Electeur pourroit enga-ger son épouse à lui livrer la ville ; mais pour le porter à cette démarche,ìl falloit l’intimider ; & la peur avoit peu de prise fur uns ame telle que ìa7/ eli c»n- fi £nne (2)- L’Empereur le sic condamner à mort, comme coupable de se-rt,,,,,.^ à Ionie; il n’avoit pas dessein fans douce de faire exécuter un arrêt qui auroit

mort. pu lui faire perdre & l’estime de l’Allemagne, & peut- être l’Empire qui lui

étoit plus cher que tout le reste. Cependant le Secrétaire du Conseil deguerre alla signifier cec ordre sanglant à TElecteur, qui étoit alors avec Ernestde Brunswick. II le lut d’un œil serein , & répondit d’une voix ferme.„ Ce n’est pas à mon âge qu’on doit regretter h vie; Thonneur, qui fut„ toujours ma premiers loi, & ces cheveux blancs dont ma tête ,1ì couverte„ doivent apprendre à TEinpereur que je n’achetcerai pas quelques jours de„ plus par une lâcheté. En vain croit-il ternir ma gloire par mon supplice;,, un supplice injuste ne déshonore que celui qui l’a ordonné: j’entrevois les,, desseins de Charles ; il a cru, que la peur de la mort me feroic agir nu-,, près de ma femme & de mes enfans, pour leur faire rendre Wircenibcrg;„ je la mériteroîs en effet cette mort qu’il me prépare, si je m’abbaiíïòis à ìa„ craindre un moment. Quel fera Je fruit de son artifice, & de fa barbarie?

je

(1) Skidun. L. XIX.

(2) llorlkier T. 2. L. 3.