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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. XI. 44 f

,, je mourrai & Wirtemberg ne se rendra pas”. En finissant ces mots il de-manda un jeu d’échecs, joua gaiment, gagna deux parties, & parut fort con-tent de fa bonne fortune.

Charles avoit eu foin de répandre cette sentence, afin qu’on vînt arrêterson bras prêt à frapper, & qu’il fe rendît maître des conditions auxquelles ilferoit grâce : en effet l’Electeur de Brandebourg & le Duc de Cleves accou-rurent auprès de l’Empereur, & s’efforcerent d’exciter fa compassion pour unhéros, si grand même dans fa disgrâce : Maurice de Saxe .lui même, Man-rice ennemi de Jean Frideric, fe jeta aux pieds de l’Empereur, pour le flé-chir: ce Prince, après avoir longtemps résisté, lui dit enfin. „ Vous le vou-„ lez; je vous donne fa vie: songez que vous vous en repentirez un jour”.

Mais il s’en falloit bien que cette grâce fut entiere, & les conditions aux-quelles on lui donnoit la vie étoient plus dures que la mort même ; il fal-loit que l’Electeur renonçât & en son nom & au nom de fes enfans à la di-gnité Electorale, & qu’il la remît entre les mains de l’Empereur, pour endisposer à son gré; on exigeoic qu’il livrât Wirtemberg & Gotha; qu’il ren-dit la liberté à Albert de Brandebourg, & à Christophe, Landgrave deLeuchtenberg, & qu’il ne la leur vendît pas; qu’il restituât tous les biensEcclésiastiques, & ceux qu’il avoit enlevés à différens Seigneurs & au Grand-Maître de Prude ; que l’Empereur fût arbitre de fes prétentions fur Lubec& fur Hall; qu’il renonçât à toute alliance contraire aux intérêts de Charles& de Ferdinand, enfin, que Henri & Victor de Brunswk fuflent élargis.l’Empereur n attendit pas que le malheureux Prince eut consenti à fa ruine,pour donner ses états au Duc Maurice, & à Ferdinand, Roi des Romains:on ne lui laiíîà que la ville de Gotha & fes dépendances, & une pension decinquante mille écus d’or réversible h fes enfans: pardonner ainsi, c’étoit pu-nir; Jean Frideric aimoit mieux perdre la vie que de souscrire à des condi-tions si dures; mais vaincu par les larmes de fa femme & de fes enfans, ilsigna Pacte de fa déposition; le Duc Maurice prit poste filon de Wirtemberg;l'armée Saxonne fut bientôt dissipée; & les partisans de Jean Frideric s’esti-merent heureux de rentrer dans leurs héritages, & d’y trouver la tranquillité.

Le Landgrave de Hesse restoit encore à soumettre : l’Empereur s’avança con-tre lui; le Landgrave effrayé de la chute de son allié demandoit la paix; onnégocia ; mais on étoit loin de s’accorder : on crut que la présence du Land-grave feroit plus que tous les négociateurs; on l’invita h fe rendre auprèsde Charles; il y vint fur la parole du Duc Maurice & de l’Electeur de Bran-debourg; & fe présenta devant l’Empereur; sa posture, fes gestes, fes dis-cours, tout fut humble, comme il convient dans la disgrâce; l’Empereurle reçut avec bonté. S’il avoit mieux connu le caractère du Monarque Au-trichien , il fe feroit défié de cet air affable, qui ne lui étoit pas ordinaire.

Le traité qu’on lui fit signer, étoit semblable à celui de Jean Frideric; mais ony avoit inféré un mot qui par la différence d’un w ou de in signifioit, ou quele Landgrave ne feroit point fait prisonnier, ou qu’il le feroit pour un tems(i).

Ce Prince l’interprêta en fa faveur, & ne soupçonna point un si grand Mo- }‘ nn finarque d’une ruse aussi misérable qu’odieufe : il se trompoit; on l’arrêta ; "Tbí.

(i) C’étoit que le Landgrave ne feroit nrls.í n litige Gef/l'gnisz . en aucune Prison >dont on avoit fait emge Ccfà'ignkz Prison éternelle.

Tome À L. K k k — Mmm

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