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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. S ect. XI. 443
de cette incorporation, & que l’AIlemagne s’imposoir presque gratuitementla nécessité de défendre les Pays-bas contre les ennemis particuliers de Char-les V & de ses successeurs; cependant personne ne s’opposa à cette innova-tion. La diete étoit investie de troupes Italiennes & Espagnoles, & cet ap-pareil menaçant en imposoit aux plus hardis. Cependant il ne pouvoit ébran-ler famé de l’Auguste vieillard, que Charles trainoit a son char de triomphe:Jean Frideric, le Nestor des Protestans par son âge, leur Caton par si ver-tu , fe faisoit respecter par fa fermeté dans la disgrâce, comme il s’étoit faitadmirer par fes talens militaires; il avoit rejeté l'intérim ; fes enfans l’avoiencimité ; l’Empereur s’en plaignit au pere, sic redoubler les mauvais crâ-niens qu’il éprouvoit, & lui sic dire qu’il les augmenceroic encore, s’il n’or-donnoic à fes enfans d’accepter le formulaire. L'inflexible vieillard, qui ,dans fa captivité, montroit le courage d’un martyr, après avoir montré ce-lui d’un héros aux champs d’honneur, répondit au Monarque. „ Je ne per-mettrai point à mes enfans de faire ce que je ne me crois pas permis à,, moi-même”. Paroles bien dignes du sage, qui, entendant le peuple ac-courir en foule à la cérémonie de l’investiture de Maurice s’écoic écrié-,, Quel triomphe pour mes ennemis! fasse le ciel qu’ils en jouisiènt avec,, tant de bonheur, & qu’ils en usent avec tant de fageíîè, qu’ils n’ayenc„ jamais besoin ni de moi ni de mes proches! ” Charles - Quint si grand par fapuissance, si sublime dans fes vues, si majestueux dans touc le reste, étoit tou-jours petit & bas dans fes vengeances ; il avoit choisi pour cette cérémonieune place fur laquelle donnoient les fenêtres de l’appartement de l’Electeur,& y sit périr par la main du bourreau plusieurs officiers qui a voient servi ialigue, comme si aílèz de sang n’eut pas coulé fur les champs de bataille.
Une nouvelle diete fut convoquée à Augsbourg; la Saxe étoit alors enfeu;Henri de Brunswìk assiégeoit h ville de ce nom.; on lui ordonna de met-tre bas les armes , il le fit & fes troupes fe donnerent h George, Duc deMecklinbourg, pour s’emparer de Magdebourg, dont les Catholiques, me-contens de la Régence Protestante lui avalent offert la seigneurie ; cités avecleurs adhérans devant le tribunal de la diete, les Bremois obtinrent leur grâceh des conditions assez dures; les Catholiques résolurent de recommencer le siégéde Magdebourg & eurent la honte d’échouer dans cette entreprise. Cependant1 Empereur conçut le deflèin de faire élire Roi des Romains, Philippe sonfils; il tenta vainement d’engager Ferdinand à abandonner de lui-même cetitre, l’Empereur demanda alors les suffrages des Electeurs en faveur de sonfils; Maurice éluda; le Comte Palatin, de même que í'Electeur àe Brande-bourg refusèrent, & Charles céda, en demandant le titre de Vicaire perpétuelde i’Empire pour Philippe. Cette proposition ne fut pas mieux accueillie & ileut la honte d’un double refus ; l’opiniâtrecé des Protestans dans cette occasionétoit sage ; & la conduite que Philippe tint depuis, ne prouva que trop ce«qu’ìls auraient du en attendre, s’iìs Pavaient couronné.
Les chagrins que cette résistance causoit h Charles ne lui permirent pas de•fe livrer à la joye qu’il eût ressentie, dans tout autre tems, en apprenant la-soumission des Magdebourgeois: le Duc Maurice avoit de nouveau entreprisie siégé; après quelques attaques, suivies d’un accommodement il entra dansla ville & en fut élu Burggrave , on lui prêta ferment de fidélité; & tout
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