Sect. XI.
Hist. d'M-
lemagne.
I5I9-1S58.
Nòuvellîlieue contre1 Empereur.
J 552 -
444 HISTOIRE B E L’EMPIRE
rentra dans Tordre; devenu plus puissant pas cette conquête le Duc Mauricese ligua avec plusieurs Princes Protestans, & bientôt avec la France contréTEmpereur; le fort de Jean Fridefic, & du Landgrave ne Teffrayoit pas; iloublioit qu’en se chargeant comme eux du nom de rebelle , il prenoit unnom plus odieux encore, celui d’ingrat : il commença par demander haute-ment la liberté du Landgrave, TEmpereur Tinvìta à se rendre près de luipour en délibérerer ensemble: Maurice n’avoit garde de céder h une invitationsi dangereuse; il mit des troupes fur pied; & ravagea les terres des PrincesEcclésiastiques , qui étoient occupés au Coticile de Trente. Bientôt il dé-clara la guerre dans les formes à TEmpereur lui-même; il s’étoit liguéavec Guillaume de LLsse, fils du Landgrave, & le Duc de Mecldinbourg:tous d’une commune voix avoient donné au Roi de France le titre de Protec-teur de la liberté Germanique ; le Marquis Albert de Brandebourg, vint sejoindre à eux, ct après avoir jeté dans TAllemagne des manifestes où la ré-putation de Charles - quint n’étoic pas ménagée , ils se mirent en campagne.Bientôt ils comptèrent encore au nombre de leurs alliés Henri O thon, Elec-teur Palatin, qu’ils rétablirent dans tous les fiefs que Tambitieux Charles luiavoic enlevés (1); enfin cette ligue parut plus redoutable que celle de Smal-kalde & en etfct elle eut plus de succès. Charles étoit à Inspruch dans leTirol, d’où il veilloit fur le Concile de Trente; un corps de trois mille Im-périaux gardoit les gorges d’fîhremberg, les alliés marchent droit à eux,les forcent dans leurs retranchemens, & les contraignent h rendre les armes;peu s’en fallut que Charles lui même ne tombât entre leurs mains; il s’enfuità Willa^h dans la Carinthie, & fe hâte de rendre à Jean Frideric, Electeurde Saxe, fr liberté, ses biens, ses états & toutes ses dignités, à Texception dutitre d’Electeur. II crut en le relâchant, susciter un ennemi à Maurice ; il íetrompa; Jean Frideric ne vit en lui que le restaurateur de sa Religion, & ou-blia tous les outrages qui pouvoient le lui rendre odieux ; il fit plus & con-tinua de suivre TEmpereur dans ses courses ; ne voulant pas même accepterde lui une grâce, qui n’étoit qu’une justice. Tandis que Charles - quint fuyoisdevant des Princes qu’il avoir tous, ou protégés, ou vaincus, le Roi deFrance soumeccoic & les trois Evêchés & une partie de TAlface.
Albert de Brandebourg portoic le fer & la flamme dans les terres duGrand-Maître de Tordre Teutomque ; &, après l’avoir ruiné, il exigeoit encore delui une énorme contribution. De là il passa dans le territoire de Nuremberg,y commit de nouvelles cruautés; pilla Lichtenaw, n’épargna que ce qu’iln’osoit attaquer, ct par de tels procédés, crut engager la Régence de Nu-remberg à lè liguer avec les Princes confédérés. Des députés de Suabe vin-rent le cor jurer de suspendre ses ravages; il daigna à peine les entendre, &si t le siège de Nuremberg: mais enfin par Tentremise de TElecteur Maurice& du Prince Guillaume de Hesse, la paix sut faite à des conditions avantageu-ses pour les confédérés, onéreuses pour la ville de Nuremberg: on cherchoità en procurer une plus générale à TAllemagne; Charles-quint, qui, jusquelà n’avoit traité avec les Princes Allemands qu’aprèsles avoir vaincus, se voyoitréduit à traiter avec eux avant même de s’êcre relevé de lès pertes : on né»gocioit à Paíìàw, tandis que les confédérés commettoienc (2) de nouvelles
(1) Sleidan. L XXXIV. ïkuen. L. IX. (2) Strnv. Period. 10. Sti 2 .IV. § 95.