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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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44« HISTOIRE DE L’E M P I R E

Sect. XI. en va * n 6ôZe de Metz. Celui de Therouemie fut plus heureux; & quelquesjíí/î. ’d'Al- autres conquêtes le suivirent. Le Marquis de Brandebourg l’avoit accompagnésJcmagne, mais loríqu’il apprit que toutes les usurpations, qu’il regardoit comme des pro-^519-1558. piétés, lui étoient enlevées, il quitta les enseignes Impériales, se jeta sur la~~ Franconie, & mit tout à feu & h sang.

Une dietine assemblée à Francfort pria l’Empereur de prononcer fur la va-lidité du traité de Paísaw, & notamment sur l’article des rellìtutions : Charlesrépondit que la nécessité lui avoit fait signer le traité ; que l’équité le lui ayoitfait annuler, & que la nécessité le lui avoit fait confirmer une seconde fois,pour ménager le Marquis, dont il avoit besoin: cette inconstance, quoiquemotivée annonçoit peu de bonne foi; FEmpereur ajoutoit, qu’il falloit s’ef-forcer de terminer ces différens h l’amiable; mais sorti de la Franconie qu’ilMort de avoit désolée, & portant le fer & la flamme dans le Saxe (1); une défaiteMaurice de sanglante pouvoit seule mettre un terme à l’ambition d’Albert; & cette défaite£axe. arriva; Maurice de Saxe raflèmbla ses troupes, marcha contre lui, & rem-porta une victoire complette; il mourut cependant d’une blessure, qu’il avoitreçue dans le combat. Comme il ne laiíìoit point d’enfans mâles , son frereAuguste lui succéda: celui-ci avoit autant de vertu que l’autre avoit de lumiè-res; il sçut rompre les mesures que Jean Frideric prenoit pour rentrer dansses Etats, & pour donner h la Saxe le te ms de se relever de ses pertes; ilgarda une sage neutralité entre Henri de Brunswik’(a) & Albert de Brande-bourg; ces deux Princes, vaincus tour-k-tour, l’un par l’autre, travailloientà leur perte mutuelle , fans qu'aucun d'eux tirât quelqu’avantage de ce diffé-rend, & Albert fut mis au ban del’Empire, dans le moment, où la fortunesembloit se déclarer en sa faveur.

1554. Tandis que le Chambre Impériale s’occupoit de cette affaire, Charles nefongeoit qu’h l’aggrandííïèment de fa famille ; il arrêtoit le mariage de PhilippeTraité avec s on fils avec Marie d’Angleterre (3). Auguste de Saxe craignit de cette allian-kte - ce ru ’ ne à la Religion Protestante dans la Grande-Bretagne, fit de vains ef-^ n s - forts pour la traverser & fut bientôt obligé de suspendre ses intrigues, parcsque Jean Frideric commençoit k recouvrer quelque crédit auprès de FEmpe-reur, & reclamoit ses états; en effet il fallut conclure avec le Prince détrônéun traité qui, entr’autres articles, rétabliffoit l’union héréditaire de la maisonde Saxe, interrompue pendant les guerres précédentes. Jean Frideric mourutpeu de jours après ce traité; fa mémoire honorée par des éloges publics, lefut bien plus encore par les larmes de ses sujets.

Cependant Henri de Brunswick, fier du ban Impérial prononcé contre Al-bert, & qu’il n’avoit pas moins mérité que lui, le poursuivoit de retraite en■retraite, & le forçoit enfin k chercher un asile en France ; la guerre fut bientôtallumée ; Henri II n’avoit pas les talents de son pere, mais l’opiniâtreré luiîc-noit lieu de courage; & Charles V ne lui étoit pas moins odieuxqu’à Fran-çois I: le Monarque Autrichien se souvint d’avoir vaincu celui-ci, & cruttriompher plus aisément encore de son foible successeur, il se trompait; & lajournée de Rémi lui a prit qu’un homme ordinaire, avec des talents inférieurs,mais favorisé par les circonstances, peut vaincre son maître dans Fart de laguerre. L’Empereur mécontent de ce succès ne voulut plus être témoin du

(i> Wintzer. Hiíl. Pugti. tfc. ap. Schard. T. 2. (2) Arnold, p. 1250. Thuan. L. XI.

XI 1 . Sleidtm. L. XXV. (z) â Rym. T. XV.