D’A L L E M A G NB. Liv. XXV. Sect. XI 44r
malheur de ses armes ; il partit pour fe rendre à Bruxelles & veiller de plus Imprès'fur la dicte assemblée à Augsbourg; elle fut tumultueuse : il fuffîfoicqu’on lema^ney agitât des questions appartenantes à la Religion, pour que les esprits divisés 1515-1555.
fur ces articles, le fussent fur tous les autres. Ferdinand voulut rompre l’aílèm- --- '
blée, mais on s’y opposa ; & on ne se sépara, qu’après avoir confirmé par unnouveau decret la tolérance accordée aux Protestans. Le nouveau Pape, Paul DineIV en fut irrité: l’Ambassadeur de l'Empire lui représenta, que l’Empereur & à'Au gi .les Princes s’étoient engagés par serment à maintenir la liberté de conscience, lour £’jusqu’à la décision du Concile. Un serment n'embarrassait point un Pontife ; ilrépondit, qu’illesen délioit; mais il ne fuffisoit pas d’annuller le ferment, ilfalloir justifier le parjure par les armes, quand les Protestans étoient au moinségaux en forces, & prêts à arracher ce qu’on leur resuseroit : cependant PaulIV, ne pardonna point à Charles & à Ferdinand, leur molleíîè, & bientôt,dans les démêlés qui partageoient l’ítalie, on s’apperçut de la haine, qu’ilavoit jurée à la Maison d’Autriche (i).
Charles dont la grandeur n’eut plus rien que de fastidieux pour lui, céda 15561555.les Pavs-bas au Prince Philippe son fils, il l’avoit déjà déclaré Roi de Naples& de Sicile, & Duc de Milan; c’estainsi qu’il commença à démembrer ses-vastes Etats, à descendre du Trône par dégrés , & qu’il abdiqua enfin folem-nellemenc en faveur de Philippe tous ses Etats héréditaires & tout ce qu’il ^ìcaf.imtpossédoit dans le nouveau Monde, il ne lui resta plus que la couronne Impé- dtChn,!.•!>■riale, encore ce fardeau lui sembloit-il trop pesant; les Protestans & les Ca-tholiques vinrent encore l’importuner de leurs cris tumultueux; ils vouloient,.qu’il terminât toutes les querelles de la Religion ; on doit bien sentir qu’unPrince ennuyé des plaisirs comme des foins de la grandeur, devoit l’être biendavantage, de toutes les-disputes Théologiques ; il fallut cependant les sup-porter encore quelque temps; parce qu’un Empereur appartient à TEmprre,.beaucoup plus que l’Empire ne lui appartient; & qu’enchaîné fur son Trônedès l’instant où il consent à y monter, il ne peut en descendre que de l’aveu-des Electeurs: avant de demander leur consentement, il voulut l’obtenir du*
Pape; Paul IV, qui lui auroit refusé la couronne, s’il ne l’avoit pas eue, luidéfendit de la quitter, parce qu’il l’avoit, & lui donna ce chagrin, parce qu’ilne pouvoir lui en donner d’autres. Charles rebuté de toutes parts, résolutenfin de faire un coup d’autorité, en abdiquant cette autorité même, ôt d’agiren despote dans la maniéré dont-il cessoit de l’être; il se démit de l’Empire,envoya toutes les marques de la dignité Impériale à Ferdinand, & se retira aumonastère de Saint Just en Espagne (2). Son abdication causa une fermen- 'ration violente en Allemagne: le Pape & l’filecteur de Saxe s’efforçoient de-faire casier l’acte d’abdication : on s’astèmbla à Francfort; la démarche deCharles-Quint parut doublement illégale: il ne pouvoit,fans le consentementdes Electeurs quitter la couronne Impériale, &, s’il la quittoit, c’étoic'des-mains de ces mêmes Electeurs & non de celles de Charles-Quint que Ferdi-nand devoit la prendre.. Cependant on fe souvint du ton despotique avec le-quel Charles avoit traité les Electeurs,des ressources qu’il avoir trouvées pour '
(1) Palm. L. XIII, Raynald ai. h , an% N. 50. 51. (2) VayiZ tMîC Ulfi. d’Eípagm,
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