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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E, Liv. XXV. Se c t. XII. 4 £ 5

SECTION XII.

Contenant ce qui s'est pajstè en Allemagne depuis la mort Charles V» en1558, jusqu'à la paix de Westphalie 1648.

Sect. XII.Hift. d’Al-lemagfîe, ■1558-1648.

F erdinand, moins ambitieux que Charles V, (i) moins despote, Ferdinand Imoins éclairé, étoit par cela même moins redoutable pour le Corps Enpenur.Germanique: il n’avoit ni le génie, ni les talents de son frere; mais il I 5S8.pQÍIèdoit une qualité plus rare fur le trône; il étoit ami íincere & constant:on peut dire même, qu’il pouílâ ce sentiment trop loin, & que son affec-tion pour certains ministres reílèmbloit à l’obéiíîànce: leurs conseils étoiencdes ordres pour lui ; & ces conseils étoient souvent dictés par des passionsavides ou sanguinaires. A peine étoit-il fur le trône, qu’il envoya un Am-basiadeur au Pape Paul IV, pour rassurer de son attachement au Saint Sié-gé : ce Pontife n’avoit pas oublié les outrages qu’il avoit reçus de la mai-son d’Autriche ; la puissimce même de Charles V ne les lui avoit pas faitdissimuler; la foibless de Ferdinand lui inspira le dessin de s’en venger; il L e p a p ere .refusa d’entendre le Ministre de ce Prince, assmbla le íàcré Collège, & fuse de re-mit en délibération, s’il devoir reconnoître le nouvel Empereur. La do- contuUreeste politique des Cardinaux servit bien fa haine; selon eux „ les opéra- Feríii ’'- an(l '

„ rions de la Dicte de Francfort étoient nulles, pareeque la Cour de Ro-„ me ne les avoit point dirigées: Charles V. n’avoit pu abdiquer, fans„ le consentement du Pape ; son successur n’avoit donc pu être proclamé„ fans l’aveu de ce Pontife; & Ferdinand n’avoit d’autre parti à prendre,

„ que de reconnoître la nullité de son élection, & d’en demander humble-„ ment la continuation à Paul IV. ” Envain le Roi d’Eípagne eflûya de lefléchir ; envain l’Ambaslàdeur, muni de nouveaux ordres, sollicita une au-dience publique ; il n’obtint qu’une audience particulière, & partit, aprèsavoir fait une protestation authentique contre un refus fl outrageant (2).

Un objet plus important occupoit la Cour Impériale. Albert Marquis ,i e

de Brandebourg étoit mort l’année précédente. On se rappelle que ce ia succes-Prince avoit été mis au ban de l'Empire; ses héritiers prétendoient, qu’on /»“«devoit leur restituer les fiefs, dont on s’étoit emparé après sa mort, & les beruleBron-indemniser pour les places, qu’on avoit démolies: les Evêques de Franco- e ows ’nie & le Sénat de Nuremberg, vouloient que les Puislances Germaniquessupportassnt également les frais de la guerre. Ferdinand ordonna que lesalliés payeroient à George Frédéric de Brandebourg, héritier d’Albert, uneindemnité de 175000 écus d’or; & qu’il demeureroit paisible possssurdes terres conquises, qu’on lui avoit déjà restituées, & ce jugement étouffadans fa naissance une guerre civile, qui sembloit inévitable. Un autre évé-nement allarma davantage les Princes d’Allemagne: Melchior Zobel Evê-que (3) de Wurtzbourg,Duc de Franconie, fut aflàssiné au milieu de fa ca-pitale, à l’instigation d’une famille qu’il avoit opprimée; les Princes songe-

(1) Godlevseus Hist. Abdk. Caroli V. (2) Thuan L» 21. (z) Struv. Pe-

riod. jo.

Tome XL. Nnn