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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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4 68 HISTOIRE DE L’E M P I R E

Sect. XII. y fut sensible, & leur permit de continuer leur commerce avec les Mofco*tìifl. d'Al- vites , pourvu qu’ils ne leur portaffènt, ni armes ni aucunes munitionslelT - 8 Sri si 8 contraires à la tranquillité de l’Empire : on croyoit l’affaire terminée ; maisiS 5 o'io 4 o- j e commerce , dont Ferdinand rétabliflòit la liberté, devint la cause d’uneguerre sanglante entre la Sucde & le Dannemarc.

Une autre guerre moins meurtrière entre deux petits Seigneurs, allar-moit cependant 1 Empire. On avoit publié un ban contre Guillaume Grum-bacli, qui, pendant les troubles qu’avoit excités Albert de Brandebourg,avoit commis des ravages affreux fur les terres de l’Evêque de Wurtzbourg :on le soupçonna, non sans vraisemblance, mais fans preuve, d’avoir arméles mains qui avoient versé leìang du Prélat, (i) Dépouillé de ses biens,il voulut y rentrer à main armee ; il crut que la conquête en seroit plusRévolution facile, s’il commençoit par se rendre maître de Wurtzbourg & du Chapitre:dansfFurtz- j e tenta & y réussit; alors il fit la loi en vainqueur , & força les Chanoi-ioxnë ' nés à signer un traité, par lequel ils lui rendoienc tous ses biens, anéantis-soient toutes les procédures faites contre les meurtriers de Zobel, & caf-soient tout ce que la Chambre Impériale avoit décerné contre Grumbach;on ajouta, que, si cet accommodement étoit annullé par l’Empereur, Fré-1504. déric, Evêque de Wurtzbourg,indemniferoit Guillaume. En effet le traitéfut cassé: Grumbach fut mis encore une fois au ban de l’Empire, & ne futMort U point indemnisé par l’Evêque. Cet acte d’autorité fut le dernier qui signa-telio>nent la le régné dc Ferdinand I e1 '.; ce Prince mourut le 25 e de Juillet 1564. (2)de Ferdt- p ar son testament il laissoità Maximilien, l’aîné.de ses fils, les Royaumesmn ' de Bohême & de Hongrie, la haute & la basiè Autriche; à Ferdinand, leTirol, l’Alface, le Brisgau & la Souabe Autrichienne; à Charles, les Du-chés de Stirie, de Carniole & de Carinthie. L’Empereur déclaroit encore,que, si l’un de fes enfants ne laifiòit point de postérité masculine, ses frereslui succéderoient, & que cet ordre seroit observé, tant qu’il y auroit desmâles du sang Autrichien : il ne léguoit à ses filles que des sommes , quileur tinrent lieu de patrimoine: du reste, il exhortoit fes enfants à vivredans une telle union, que les intérêts de l’un devinílènt ceux des deux au-tres, & que ces patrimoines divisés ne paruílènt faire qu’un seul Etat. Tel-les furent les dernieres volontés de Ferdinand: il s’étoit borné à conserverce que son frere avoit usurpé; mais il n’usurpa rien lui-même; c’en fut assezpour lui mériter les regrets de l’Empire. Charles-Quint en avoit moins ob-tenu. Dans une Monarchie, les sujets demandent un homme extraordinai-re pour les gouverner; mais dans un Etat tel que l’Allemagne, qui con-serve un reste de liberté, on ne désire qu’un Prince qui ait peu de lumiè-res, & beaucoup d’équité.

Mvcmi- Maximilien parvint à l’Empire dans. cet âge,où le feu des passions perdlien U, Em- fa violence & conserve cependant à Famé l’énergie, dont elle a besoin pourpereur. s’élever aux grandes choses: il avoit trente-sept ans. II vouloit regner par1564- lui-même, & l’étude qu’il avoit faite des langues, le mettoit en état d’en-tretenir une correspondance directe avec les Princes de l’Europe, & den’être point trompé par fes Ministres: il aimoit les hommes, les sciences,

(t) Trasibulus C ipta. (2) Chytrsus. I. 21,