D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Se ct. XII. 469
ks arts & la paix:, penchants presque inséparables les uns des autres : ilétoit Catholique, & c’étoit, par.ce que son zele étoit sincere, qu’il toléroitles Protestants, & qu’il ne vouloir point étendre par des maílâcres une Re-ligion, qui ne prêche que la douceur & l’humanité: des méchants voulu-rent allumer dans son cœur le feu du fanatisme: „ tâchons, leur répon-„ dit-il,de persuader; mais negorgeons pas; j’aime mieux des conférences„ que des guerres; les premières sont souvent inutiles, mais les autres sont„ toujours meurtrières ”. II pria même le Pape d’accorder aux Protestantsla Communion sous les deux especes, de compatir aux foibleíTes humai-nes, & de permettre à des Prêtres, qui ne cessent pas detre hommes, deformer des liens que Fauteur de la* nature semble avoir approuvés, enmettant dans tous les cœurs le désir de les former (x).
Les Turcs ne permirent pas à Maximilien de suivre long-temps la loiqu’il s’étoit faite à lui-même,de ne point verser de sang. La Hongrie,sou-levée & conquise par eux, fut encore le théâtre de la guerre; maisMaximilien, après avoir repris une partie de ce qu’il avoit perdu, congédiason armée, dès qu’il le put, fans nuire h ses intérêts, & fans compromet-tre l’honneur des enseignes Impériales. On avoit une telle idée de Injusti-ce de ce Prince, que le peuple & le Sénat de Rostock ne balancèrent pointh le choisir pour arbitre de leurs différends. Le Sénat ne vouloit rendreaucun compte au peuple de la perception des deniers publics; les Bour- Jgeois prétendoient avoir le droit d’éclairer la conduite des Magistrats à cet'égard. Maximilien commit tine faute : ce fut de né pas prononcer lui-mê-me fur ce différend, & d’en remettre la décision à Jean Albert Duc deMecklenbourg (2). Ce Prince avoit d’antiques prétentions fur la ville deRostock; il leva des troupes, & la place ne put prévenir fa ruine entiere,'qu’en ouvrant ses portes. Le Duc y fait son entrée en triomphateur; ilassemble le Sénat & les principaux habitants: son premier coup d’état estde casser le Conseil de soixante ; il se fait présenter le décret qui permet aupeuple d’élire des -Tribuns dans les circonstances critiques, & le je te au.feu : il demande ensuite les clefs de la ville, y cantonne son armée, &leve des contributions, especes d’épices qu’il lui sembloit juste de perce-voir, ayant été nommé juge dans cette querelle. Ulric, son frere, ne le vitpas, fans jalousie, maître d’une ville dont il prétendoit au moins partagerla possession ; il leva des troupes, & une nouvelle guerre alloit naître descendres de la première.
L'Empereur, après avoir envoyé le Duc de Mecklenbourg, comme ar-bitre entre le peuple & le sénat, fut obligé d’envoyer un Ministre, commemédiateur entre les deux freres. Le sénat & le peuple, pour ôter à JeanAlbert tout prétexte de rester dans la ville, se réconcilièrent; le Prince fitcharger de fers les auteurs de cet accommodement, & continua toujoursh dire, qu’il ne s’arrêtoit dans Rostock, que pour y rétablir la tranquilli-té publique; mais, comme il sentit qu’il alloit s’attirer à la fois furies bras',& le peuple & le sénat, il fit la paix avec son frere, acheta ses préten-tions fur la ville, & y fit entrer les troupes d’Ulric. Celui-ci leva à son
CO Thtian. L 35 < Isthuanf. L. 22. (2) Lindembrog, Citron. Roftoch.
N n n 3
Hist. d'Al-lemagne,7558-2648.
Son carac-tère U /stmodération.
7565 .
Le Peuplede Rostockse soulevécsmtre l»
Sénat .
1566.