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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Lrv. XXV. Se ct. XII. 471

ber cette illustre tête, on rétabliroit Jean Frédéric dans l’Electorat, que son Hi/í. J'AI-pere avoir possédé: le succès du complot paroissoic certain ; déjà on dispo- lemrgne,soie des charges, des biens & des rangs ; mais Boem & Plasz arrêtés I?58 ~ l648 ‘tous deux révélèrent le fatal secret r l’Electeur vint tout à coup investir laville de Gotha, où Jean Frédéric 6c Grumbach traçoient ensemble le plande la révolution: le peuple ne voulut pas s’exposer à une destruction inévi-table pour sauver des assassins; il se souleva, & se rendit maître de Grum-bach, de Guillaume Stein son ami, digne en effet de l'être, de ChristianBruck Chancelier de Frédéric, & de Jean Bayer. La ville capitula, elleétoit innocente; les conditions furent douces. Quant à Jean Frédéric, onle traita avec plus de rigueur ; il fut contraint de remettre entre les mainsde l’Empereur fa personne 6c tous ses domaines ; en même temps on livroità l’Electeur tous les proscrits, tous les rebelles, & les clefs de la ville rles honneurs de la guerre étoient refusés h 'la garnison; les habitants prê-toient serment de fidélité à Jean Guillaume, frere de Jean Frédéric; & cedernier perdoit,ainsi queíà postérité, tous ses droits fur le Duché de SaxeGotha. Grumbach 6c ses complices reçurent fur l’échaffaud le juste prixde leurs déíîèíns perfides, 6c Jean Frédéric alla traîner à Naples au fondsd’une prison, les-restes d’une vie troublée par le malheur d’avoir connu unméchante Ce Prince avoit par lui-même peu d’ambition, peu de mé-chanceté, mais beaucoup' de foiblesië 6c d’ignorance ; 6c fans Grumbach ileut vécu obscur, honnête, 6c peut-être esljmé (l)-

A peine Jean Frédéric eut - il disparu , qu’il fut oublié ; c’est le sort detous ceux qui avec de petites vues aspirant à de grandes choses, échouentdans des entreprises-, dont le succès n'est réservé qu’aux grands hommes ouaux grands scélérats. Lq. mort .enleva,peu de temps après, 6c le vieux Mort d'A\-AÏbert de Brandenbourg, autrefois Grand-Maître de l’Ordre Teutonique: ber t deHenri de Brunswie, dont la carrière avoit été preíque aussi longue: Christ»phe de Wurtemberg, l’ami des lettres; 6c enfin Jean de Leyen, Archevê- sfc,f r - deque de Treves. Celui-ci eut pour successeur Jacques d’Eltz, esprit hautain, Brunswie »,inflexible, 6c qui> ne mettoit à son pouvoir d’autres bornes que celles de íà Uc.volonté. II prétendit regner en Despote, créer ou abroger les loix, éta-blir un Sénat dévoué à ses caprices, lever 6c distribuer les impôts : le peu-ple qui ne connoiffoit d’autre autorité civile, que celle des Magistrats 6cdes loix, réclama fa liberté violée, d’un ton ferme, mais non séditieux.

Le Prélat pour toute réponse investit la ville de troupes-6c d’artillerie: dé-jà les hostilités commençoient, lorsque les députés de l’Empereur 6e desElecteurs du Rhin parurent : ils décidèrent que les prétentions reípeétívesde l’Archevêque 6c des habitants feroient examinées suivant la forme établiedans l’Empire. Le Prélat fe rendit avec peine à ce jugement, qui, en effet,n’en étoit pas un; la lente justice , qu’il lui promettoit, ne plaifoit pas à fouimpatience de regner;mais il fallut céder pour prévenir un plus grand orage..

Maximilien fe laiffoit gagner avec plus de facilité par ses sujets; LaNobiestb Autrichienne n'avoir point été rebutée par la réponse, qu’iblui avoit faite, lorfqu’elle lui demanda la liberté d’embrasser la con-

CO Thuan. L. 39 . Hijf, Itll. Gothan. Suppl, II. p-K 817 â scqq. Struv. lhr, ïgì-