D’A L L E M A G NE. L r v. XXV. Sec t. XII. 473
La fuite de Henri Roi de Pgilogne donna à l’Empereur l’occasion de bri- Hijl. d’AI-guer un autre sceptre pour lui même. Le trône étoit déclaré vacant, par- lemagne,ceque Henri, fans le consentement de la République, s’étoit évadé, non I55ë ' lg48,comme un Roi, mais comme un banni, pour recueillir la succession deson frere Charles IX (l). Maximilien se mit furies rangs; malgré tou-tes les raisons qu’on avoit de l’exclure, il prodigua l’or, trouva une faction& en suc proclamé ; un autre parti proclama Etienne Battori Prince deTraniìlvanie, & ce parti Femporca. (2) Maximilien, furieux de se voir 15764enlever la couronne par un Prince, ennemi de sa maison, voulut soutenirses prétendons à main armée, & demanda des secours, qu’il n'obtint point;on n'avoit pas ce zèle qu’on avoit montré h le servir contre les Turcs; par»ce qu’il importoic peu à l’Empire, qu’il eût un sceptre de plus dans lesmains : indigné de la froideur des Princes de l’Empire, il chercha dans leNord des alliés plus ardents à embraíîèr fa cause; déja ses Ambafiàdeurs né-gocioient auprès des cours de Stockholm & de Coppenhague, (3) lorsqu’ils Mort deapprirent la mort de leur maître. II avoit terminé îe 12 e Octobre une car- Maximeriere bien longue, fi l’on considéré les douleurs presque continuelles qu’il lien 'souffrait, mais trop courte au gré des sçavans qu’il aimoit, & des gens debien, que fa justice mettoit à l’abri de l’oppression: il arrêta en Allemagneles coups, dont le fanatisme vouloit frapper les Protestants ; lorsqu’en Fran-ce, une nation naturellement douce étoit devenue féroce, impitoyable,par zèle pour le Catholicisme, il souffrit que les Princes Allemands envoyas-sent des troupes auxiliaries, non comme Philippe II pour accélérer laruine de la France, mais pour defendre en effet un parti trop foible, quefa soumission n’auroit pas garanti d’une destruction entiere, & qui ne pou-voit désarmer ses ennemis, qu’en triomphant d’eux.
Maximilien avoit inspiré les mêmes sentiments à Rodolphe son fils, & Rodolphel’esprit de conquête, dontCharles-Quint étoit animé, sembloit ensévelidans ^ ur Em ^ e 'la même tombe, que cet ambitieux Monarque : le grand projet de la Mo-narchie Universelle étoit rélégué parmi les chimères, & la maison d’Autri-che a fiez puifiànte ne songeoit plus qu a conserver ce qu’elle posiedoit. Lestroubles des Pays-bas sembloient être appaisés par la pacification de Gand.
Les Provinces Protestantes & Catholiques avoient, d’un mouvement libre,choisi pour leur Gouverneur , l’Archiduc Mathias, lui avoient donné lePrince d’Orange pour Lieutenant; & Jean d’Autriche fut proscrit des Pays- IS77 .bas avec menace de lui faire la guerre , s’il osoit y rentrer. La ville deDantzic s’étoit soulevée contre les Polonois avec plus de fureur encore, Révolte desque les Provinces - unies n’en avoient montré contre les Espagnols ; elle B>antz'.cois,avoit embrasië le parti de Maximilien contre Etienne Battori , & fidelle àRodolphe fils de cet Empereur, elle conservoit encore une garnison Alle-mande dans ses murs : le commerce florifiànt des Dantzicois leur avoit in-spiré tant d’audace, qu’ils osèrent soutenir la guerre contre Etienne Batto-ri , dont le nom étoit déja célébré par plus d’une victoire. L'Electeur de
(1) V. notre Tome 31. p. 138. (2) Thuan L. 6i. Merc. Call. Belg. T. 2. Lib,
3. Struv. Pír. 10. (3_) Id. ib. Londorp L. ifi,
Tome XL, -O o 0