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HISTOIRE DE L’EMPIRE
Die ted’Augt-lourg.
Sect. XII. parceque les astres sont faits pour s’afTervir aux volontés de l’églife , &Hist. d’AI- non pas l’église pour se régler sur le cours des astres. Les Protestants latîRuseront par un motif moins ridicule, mais non moins injuste: il suffisoit153 ' qu’elle vint de Rome, pour soulever tous leurs esprits: on la proposa à la
Diete d’Augsbourg ; le Landgrave de Hesse s’éleva le premier contrecette nouveauté, prétendit qu’elle portoit atteinte h la puiflance de l’Em-pire, qu’il étoit de la Majesté Impériale de persister dans les anciennes er-reurs astronomiques , & que ce nouveau Calendrier déceloit évidemmentdans le Pape le dessein de s’emparer de l’Allemagne. Gebbard Truchses,Archevêque de Cologne, Protestant déclaré, qui venoit d’épouser en se-cret une Réligieuse , renchérit encore sur les 'absurdités que le Land-grave avoit débitées ; tous les Protestants applaudirent à ces extravagan-ces, & déclarèrent qu’ils n’admettroient jamais une vérité, qui venoit deRome. (i)
Cétoir surtout l’Archevêque Gebhard qui échauffoit les esprits contre lescalculs astronomiques, quand une affaire plus importante pour lui, que leCalendrier Grégorien, le força bientôt à quitter la Diete & à rentrer dansses états : tout y étoit en combustion. Les Magistrats aussi zélés pour leCatholicisme que l’Archevêque l’étoit pour le Luthéranisme, avoient re-jette la requête de ceux, qui dclnandoient la liberté de le professer; ilsavoient même ordonné à ceux qui l’avoient signée de se rendre en prison.Cet acte de sévérité n'empêcha point les autres Luthériens dc faire uneprofession publique de la confession d’Augsbourg ; les Magistrats furieuxde cette desobéissiince firent pointer du canon fur le lieu , où fe tenoientleurs aflemblées; ( 2 ) le-Sénat & le Chapitre s’étoient ligués contre eux;^Archevêque leva des troupes , car, dans ces temps de troubles , onChapitre de V0 Y°it autant de Prélats, que de Généraux à la tête des armées: la'ville deCologne: Bonn fut contrainte d’ouvrir ses portes ; il y entra suivi de ses soldats , &
t entre ïAr- prétendit justifier fa conduite auprès du Sénat -, en prétextant qu’on luiGebhard av °i c dressé des embûches fur la route, & que cette escorte n’avoit d’autrebut, que de défendre ses jours ; ajoutant qu’il ne la conservoit, que pourdéfendre la ville contre les troupes qui couroient fur les frontières de sonélectoral: bientôt il ne dissimula plus fes defleins & demanda , qu’on luiremit les clefs de la ville; que malgré l'appareil menaçant de son escorte,le Sénat osa lui refuser: envain l’Empereur & le Pape s’efforcérent d’in-fpirer à cet esprit farouche l’amour de la paix ; l’appui des Princes Prote-stants enfla son orgueil: il fe fit remettre les clefs de la ville par un lâcheartifice, qui auroit conduit tout autre qu’un Prifice, à l'échafaud; il sup-posa des lettres par lesquelles le Chapitre ordonnoit à ceux qui en étoiencdépositaires, de les lui confier: les Chanoines dé Cologne appel 1 ère n t lanoblefle à leur secours; le Duc de Deux Ponts fe rendit à cette aíîèmblée,non comme un juge impartial , mais comme un allié de Gebhard prêt àle défendre, quelle que fut l'injustice, ou l’équité de fa cause: on vit ac-courirrauffi Henri de Saxe Archevêque de Brême à la tête d’un corps nom-
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