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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. L iv. XXV. Sec t. XII. 479

qu’ils avoient défendu & revinrent en Allemagne, fans commettre de rava- Hìfl. d’Aî-ges fur leur route, chose presque inouïe alors. Jemagne,.

On croyoit la guerre de Cologne éteinte pour jamais : cependant on la 1558-1Ô4S.vit bientôt fe rallumer. Scbenk s’empara de Bonn au nom de Gebhard,

& mit tout à feu & à sang dans l’EIectorat, pour engager les habitants àrappelîer l’Archevêque: c’étoit un moyen bien étrange pour gagner lescœurs, mais il crut arracher par la violence, ce qu’il n’efpçroit pas obte-nir par des bienfaits. Ernest effrayé voulut renoncer h un rang, qui luicoûtoit tant de périls & d’allarmes: Sixte-Quint traita ce projet de faibles-se , ranima le courage du Prince Bavarois, & lui envoya Alexandre Farne-se Duc de Parme pour dissiper la faction de Gebhard, dont en effet il eutle bonheur de triompher (1).

Etienne Battori n’étoit plus. C’étoit le fort de la maison d’Autriche,de demander, d’obtenir, & de perdre presque au même instant la couron-ne de Pologne. Rodolphe ne voulut pas suivre l’exemple de MaximilienII, & se mettre fur les rangs (2). Mais il proposa l’Archiduc Maximilien, 1588.qui ne fut ni plus habile, ni plus heureux que le dernier Empereur : tandisqu’on le proclamoit, une autre faction couronnoit Sigismond Prince deSuede; on prend les armes: Maximilien vaincu deux fois, s'enfui t en Sise- L'Archiducfie; assiégé dans Witzen, il est pris & reçoit des fers, au lieu d’une cou- ààj-ronne. Cet affront, qu’effuyoit la maison d’Autriche, ranima l’audace deses ennemis. Schenk tenta de surprendre Nimegue; il avoir armé des ba- jonnkr, auteaux pour cette expédition; celui qu’il montoit fut submergé, & il y périt à d' Urek Page de quarante ans. Gebhard en perdant son défenseur ne perdit pas C p U Js mé enl’efpcrance; il vint en Allemagne, où il ne trouva que des cœurs attiédis, °‘°ê ne 'ses amis lui ouvrant leurs bourses & lui refusant leurs bras (3). Tandisqu’il alloit de châteaux en châteaux, mendiant des secours, tandis que lesProtestants chaises des Pays-bas alloient s’établir dans Aix-la-Chapelle,

VArchiduc Maximilien sortoit de fa prison, après avoir juré de ne plusprendre le titre de Roi (4) ; Gebhard, avec l'argent que lui avoient don-né ses amis, trouvoit des soldats, & levoit des contributions dans plusieursvilles de l’EIectorat.

Un Ministre de Henri IV Roi de France parcouroit routes les cours 159©.Protestantes & demandoit des secours pour son maître, qui, reconnu par lapartie la plus faine de la nation, avoit encore h combattre la partie la plusredoutable, le clergé & la populace: Christiern Electeur de Saxe, entraî-na plusieurs Princes dans le parti du Héros Béarnois (5): peut-être auroit-il marché en personne contre la Ligue, si la mort ne l’avoit enlevé à lafleur de son âge, & détruit la puissante confédération qui devoir chasserde la France les Princes Lorrains, & les troupes Espagnoles, en y éta- *S9i,blissimt le culte de Luther, à côté de celui de Calvin. L'Empire perditencore plusieurs têtes illustres, Guillaume Duc de Cleves, Jean CasimirPrince Palatin, Guillaume Landgrave de Liesse, enfin le Comte de Man-derfeheid Evêque de Strasbourg; ce fut de tous ces Princes çeîui dont la

(1) Strada Dec. 2. !.. 8. (r) I.ondorp L, 28. Chytraus, Tbyan.

(3) Mesbovius. Thuan. L, §6. (4) Istuanf. L. 26. (z) Mm. dtNevers, T. a.

Thuan. L. 101.

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