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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’ALLEMAGNE. Lrv. XXV. Sect. Xïï. 481

de carnage: on se trompoit; les seigneurs avoient recommencé leurs exac- Hifl. d’Al.dons, & les paysans leur révolte: déjà ceux-ci avoienc chargé de chaînes lemagne,les Magistrats les plus dignes de leur vénération; déjà par leurs brigandages 1558-1648.réciproques, ils se ruinoienc les uns les autres, en se plaignant de l’énor-inité des taxes: (toujours le peuple, lorfqu’il se soulevé, fçait augmenterles maux, dont il demande le remedc;) il fallut opposer des troupes à cet-te multitude; elle fut envelopée par la cavalerie: les chefs eurent la têtetranchée, & touc le reste fe dissipa; bientôt ils fe raflèmblérent, commi-rent de nouveaux ravages,essiiyerent de nouveaux châtiments; mais toujours 1597.insolents loin de leur ennemi, toujours fuyants à son approche, & dange-reux par leur désordre même, ils firent à l’Autriche autant de mal que lesTurcs en faifoient à la Hongrie: enfin pourtant ils rentrerent dans leurs ha-bitations: car la fureur du peuple est une maladie, qui a un période mar-qué, & à moins que le fanatisme ne la soutienne, elle s’évanouit bientôt.

Philippe II n’étoit plus; on penfoit, qu’avec lui dévoient finir la tyran-nie, le fanatisme, & la guerre des Pays-bas: mais les Espagnols, loin de IS5 g,mettre un terme à tant de cruautés, en étendirent le théâtre; ils pénétrè-rent dans l’Allemagne, la ville d’Oríòy fe rendit, fans coup-férir; la cita- ^

delle parut fe préparer à la défense, on présenta aux soldats de la garnisondes capucins pour les confesser, & des bourreaux pour les pendre, & àcette vue, ils fe rendirent: presque toutes les villes du Duché de Clevesouvrirent leurs portes, & ne fe rachetèrent du pillage qu’en payant defortes contributions. Tandis que les ennemis pourfuivoient leurs conquê-tes, on convoquoit des assemblées, on écrivoit à l’Empereur, on délibé-roit au lieu de combattre : une Diete s’ouvric à Ratisbonne, où au lieu de Diete des’occuper de la situation pressante du Duché de Cleves, Rodolphe tourna Ratiíbtnueencore les yeux des Princes vers la Hongrie; non feulement il vouloir dé-fendre ce Royaume ; il afpiroic à étendre les bornes de fa domination ; Sì-gismond Battori lui céda la Transilvanie & la Walachie; semblable dans I599ison inconstance, à tous les Princes qui ont abdiqué, il s’en répentit bien-tôt; ces états le virent bientôt reparoître, il précendoit, que les indemni-tés qu’on lui avoir accordées, n’étoient point proportionnées à la cessionqu’il avoir faite’, & il fallut prendre les armes contre lui; la guerre ne lefatiguoit pas moins que les affaires; le rang suprême plaisoit à son ambi-tion; mais il vouloir n’en connoître que les plaisirs, & dès qu’il vit qu’ilfalloìt tenter encore le hazard des combats, il céda la Transilvanie à soncousin le Cardinal André Battori; celui-ci soutint la guerre avec plus decourage que d’habileté, fut vaincu & s’enfuit; on le poursuivit dans fa re-traite ; on l’atteignit, & ne lui fit pas grâce de la vie.

L’Empereur, tranquille du côté de la Transilvanie, s’occupa enfin desaffaires intérieures d’Allemagne , il résolut d’en faire chasser les Espa-gnols (1). On marcha contre eux, la mésintelligence des Généraux Aile- êo-1602.mands fit échouer leurs opérations; en servant mieux Mendoza, que la va-leur de fes troupes. De nouvelles révolutions dans l’Orient détournèrentencore vers la Hongrie les soins que l’Empereur devoit à l’Allemagne (2).

(j) Grot. de rel). Belg. (a) Istuanf. L. 32.

Tome XL. P P P