482 HISTOIRE DE L’E M P I R ! E
Sîîct. XII. Sigismond Battori avoir reparu dans la Transylvanie, le Waivode de Wa-tìifl. d’AI- lachie remporta sur lui une victoire éclatante & s’empara de la Moldavielemag.ie, au nom Rodolphe; mais, en parodiant travailler h la grandeur de la155 4l5 ‘ maison d’Autriche, il ne travailloit qu’à la sienne ; il se déclara contre le
Monarque qu’il avoit servi, fur vaincu & vint implorer sa clémence: lesTransilvains & les Walaques ne suivirent point l’exemple du Waivode ;Battori remonta pour quelque temps fur son trône, il fut défait, demandala paix & ne l’obtint pas. Cependant les troupes Impériales occupéesdans cette contrée furent inutiles au reste de l’Allemagne, combattirentlongtemps avec divers succès, tantôt contre Battori, tantôt contre lesTurcs, & ravagèrent plus de pays, qu’ils n’en conquirent (i).
Dans une autre Diete qui s’afTembloic à Ratisbonne, on parloit enfin dudifférend, qui s’étoit élevé au sujet de l’Evêché de Strasbourg; FrédéricLtdifférend Duc de Wurtemberg en fut médiateur: on convint que Jean Georges deaúsujet de Brandebourg céderoit l’Evêché au Cardinal de Lorraine, & que celui-cir Evêché de lui donneroit une somme de IZ0000 écus d’or: quelque motif que l’onSì ii a unifié ^??ose h ce traité, il est bien difficile d’en écarter un soupçon de simonie.1603*1604! Le Duc de Wurtemberg, qui se chargeoit de payer une somme aux créan-ciers de Georges de Brandenbourg, une autre à lui-même, devoir possé-der pendant trente années la ville & le bailliage d’Obcrnach. Ce termeexpiré, le Cardinal de Lorraine ou ses succeíïèurs pouvoient racheter cetteseigneurie pour 400000 écus d'or : telle fut l’affairc la plus importante,qui se traita dans cette Diete (2).
Le Duc de Brunswic, Henri Jules donna l’année suivante, h rassembléedes Princes un démêlé plus difficile à terminer. II voulut s’emparer dela ville de Brunswic. Elle portoit son nom: c’en étoit asièz à ses yeux,pour qu’il eût fur elle des droits incontestables : il eut le chagrin de voirlès troupes fuir devant quelques bourgeois audacieux, conduits par deuxjeunes téméraires; après les avoir ralliées, il mit plus d’ordre dans soncamp, plus de combinaison dans ses attaques ; il combla le lit de l’OckerSiégé de pour inonder la ville, & employa contre elle un élement plus terrible en-
Mrwisivic. core que l’eau ; c’est à lui qu’on attribue l’exécrable invention d’une bom-
be, qui s’attache aux toits, aux murailles, & consume les maisons, fansqu’on puisiè arrêter les progrès de l’incendie. L'Empereur lui ordonnaenvain de lever le siégé ; fier de l’appui du Roi de Dannemarc, son beau-
frere, qui étoit venu dans son camp, il réduisit la ville aux dernieres ex-
trémités ; mais le courage des habitants étoit encore au deíïïis des mauxqu’ils éprouvoient: le Prince Danois offrit envain fa médiation, & se re-tiroit pour ne pas s’exposer à de nouveaux refus (3) ; le Duc fut contraintd’accepter une trêve, pendant laquelle on parlementa, fans rien conclure:enfin Henri Jules voyant approcher les troupés des villes Anséatiques, qui1605-1606. venoient au secours des Brunswicois, leva le siégé, quand ces Auxiliairescommirent des ravages plus affreux encore, que ceux, dont le Duc s’étoitrendu coupable. II fallut que l'Empire leur ordonnât de fe retirer; & el-
(iì Thuan. L. 126. Kbevenhuller T. 5. (2) Thuan. L, 130. Khçvenh. T. 6.
Lonaorp T, 3. (3) Londorp & HÍJi, temp.