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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XII. 483

les n’obéirent, que lorsque leur avidité fut raffàssiée de butin. La régence j-ai.

dé Brunswic s’occupa k effacer les traces de tant de maux, qu’on fait en un lemagne,jour, & qu’on répare à peine en plusieurs années. 3558-1648.

Une Procession de Catholiques insultée par des Protestants causa une 1

révolution plus réelle dans Donawert. Les Brunswicois s’étoient défenduscontre le Duc de Brunswic; les habitants de Donawert n’eurcnt pas lemême courage contre le Duc de Bavière; il y avoit cent quatre - vingt -sept ans que cette ville avoit fécoué le joug des Ducs; & qu’elle fe gou-vemoit par fa propre régence: le Duc de Bavière voyant les Protestantsaux prises avec l’Abbé de Sainte Croix, dont ils avoient insulté la banniè-re , anima l’Empereur contre cette ville, & lui sit voir dans cette émeute«ne révolte générale; Rodolphe mit la ville au ban de l’Empire. Le Ducn’attendoit que cet arrêt, pour s’en déclarer l'exécuteur, & fe rendre maîtrede la place; (t) il y envoya Bernshaufe à la tête de dix mille hommes bienarmés. Comme il y avoit deux partis dans la ville, la conquête en étoitassurée ; & l'on ne pouvoit douter qu’elle ne fut bientôt livrée par l’un oupar l’autre; les Protestants fe hâtèrent d’ouvrir les portes, à condition qu’on l( LeDu?deleur laisièroit le libre exercice de leur Religion. C’est ainsi qu’une ville Bavièrelibre retomba dans son ancienne servitude, tandis qu’un excès de tyrannie s empare dede la part des Espagnols affranchisioit pour jamais les Pays-bas, de leur Donawctt.odieuse domination.

L’indépendance de la République des Provinces - unies fut enfin recon-nue par ses oppresseurs même, & pour he rien conserver qui pût altérerfa liberté, elle fe sépara du Corps Germanique. L’Empereur en parutaffligé; il fçavoit quel parti on pouvoit tirer de ce peuple industrieux, quidéjà, malgré tant de maíîacres,commençcit h fe multiplier; mais il avoit ducôté de la Hongrie des chagrins plus cuilàns à dévorer: l’ambition de l’Ar-chiduc Mathias s’indignoit du second rang; il vouloir regner, à quelque p ro j ítsamiprix que ce fût ; partout il cherchoit des créatures ; partout il fufeitoit des bitiíux deennemis à l’Empereur ; il travailloit fécrettement à se faire reconnoître Sou- l'Archiducverain del’Autriche, de la Stirie, de la Moravie, & du peu de D ornai- àdà.nés qui festoient encore à son frere en Hongrie: il leva une armée, il pu-blioic qu’il n’avoit d’autre dessein que d’obéir à Rodolphe, & de le servircontre ses ennemis; bientôt il laiffà appercevoir ses vues ambitieuses; Ro-dolphe fe vit contraint de demander aux Princes de l’Empire du secourscontre son frere; il lui offrit la paix & effùya un refus. L'Archiduc entraen Bohême & s’avança jusques fous les murs de Prague; l’Empereur fut ré-duit à céder à ce rebelle la couronne de Hongrie (2), l’Autriche, la Bo-hême (s’il ne laislòit point d’enfants mâles), l’administration avec le titrede Marquis de la Moravie, & la Seigneurie temporelle de l’Evêché d’Oi-mutz : enfin on régla, que, si Rodolphe laissoit des enfants mâles en bas âge,leur tutelle appartiendrait à l'Archiduc, & que, dès cet instant, il pou-voit prendre le titre de Roi de Bohême déjtgné. Si la nécessité peut forcerun Prince à signer un traité si désavantageux, peut-elle contraindre un po-re à livrer ses enfants à la merci d’un oppreffèur, dont il connoît l’avidité?

(r) Striiv. Fer. 10. Sett. 7, (2) Dumont. Corps Dipl. T. V.

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