4 8+ HISTOIRE DE L’EMPIRE
Srct. XII. L’articlc de la tutelle étoit sans doute le plus honteux de tous, & celui quillist. d’A'- montroit le plus de foibleíTe dans Rodolphe. Au relie, ce Prince ne lelen ” g ' 1 ®’ signa peut-être, que parcequ’il étoit résolu de ne jamais s’engager dans les
155 1 4 liens du mariage. Le nouveau Souverain permit l’exercice de la Religion Lu-thérienne dans quelques villes, & dans tous les châteaux des Seigneurs, quil’avoient embrastëe;ce n’étoit pas qu’il eût aucun penchant pour cette Reli-gion; mais on le menaçoit d’un loulevement général, s’il vouloit gênerles consciences, & il craignoit que Rodolphe n'en profitât pour réclamertout ce qu’il lui avoir si lâchement cédé ; il accorda même aux Protestantsle droit de briguer les charges de judîcature, dont on les avoir exclus.lCc£u En Bohême l’Empereur avoir été obligé d’accorder de plus grands avan-tages aux Protestants; la foiblesiè du gouvernement excitoit leur audace, &l’on vit, en Allemagne, se former la Ligue Evangélique , plus puissante& plus fatale à la Religion Catholique que toutes les autres. La mort deAffaire de J ean Guillaume, Duc de Cleves, en fut l’occasion (i). Marie, Duchefièhjuccëffìon de Juliers, épouse de Jean III, ayeul de Jean Guillaume, avoir apportéde cieves. <j ans ] a maison de Cleves, les Seigneuries de Juliers, de Berg, & de Ra-vensberg; Jean Guillaume ne laislòit point d’enfants mâles, & fa succes-sion devoir appartenir à ses sœurs, & à leurs héritiers; mais cet héritageétoit trop beau pour ne pas exciter de grands démêlés. Jean Sigismond,Electeur de Brandebourg, qui avoir épousé la fille aînée de Marie Eléo-nore de Cleves; Wolfgang Guillaume, Comte Palatin, fils d’Anne deCleves; Jean II, Duc de Deux-Ponts,fils de Magdeleine; LrCharles d’Au-triche, Marquis de Burgaw, époux de Sibylle de Cleves;en outre les Prin-ces de Saxe, en vertu d’une disposition de l’Empereur Maximilien; Char-les de Cleves, Duc de Nevers ; & enfin Robert de la Marck, Comte deMaulevrier, qui portoient le nom & les armes du feu Duc; tels étoiencles prétendants à cette succession : quelque belle qu’elle suc, il n’y avoirpas de quoi satisfaire tant de concurrents. Rodolphe les cita tous à facour, & leur défendit de fe mettre en possession des états vacants: danscette défense, qui ne fembloit dictée que par le désir d’épargner à ce paysles horreurs d’une guerre civile, les Princes de Brandebourg & de Neu-bourg, virent un dessein formé de s’emparer de cet héritage; ils fe hâtè-rent d’en prendre l’administration, espérant par la fuite s’en attribuer lapropriété. L’Eropereur les déclara criminels de Lcze - Majesté, & mena-ça de mettre au ban de l'Empire tous ceux qui embraílèroient leur défense ;en même temps, il ordonna h l’Archiduc Léopold de s’emparer de cesétats, fous prétexte de les mettre en séquestre. Henri IV fe vit sollicité« la fois & par l’Empereur, & par les deux prétendants. La reconnoissan-ee lui dicta son choix; la maison d’Aurriche 1 avoir persécuté; les PrincesProtestants l’avoient secouru. Mais, Rodolphe fçut persuader aux Alle-mands, que les François n’accouroient, que pour s’enrichir par le pilla-ge, & ne laiífèr aux compétiteurs d’autre héritage qu’un désert; il renditla conduite de Henri IV suspecte, même à ceux qu’il vouloir secourir, &ce Prince fe lafià de secourir des alliés, qui foupçonnoient fa bonne foi*
O) Cont. Cbytrœ: p, j<5o. Ludolpb L- 9, c. t.