D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XII. 485
On s’attendoit à voir la guerre s’allumer, & l’on craignoic, qu’au milieu de Hist. >!*AUces discordes, la maison d’Autriche n’accablâc les Protestants: l’íìlecteur Pa* lemognc,latin, Frédéric IV fi), quoique Calviniste, s’unic à eux & jetta les son* 1 55B-t648.de ments de la ligue Evangélique: il en fut le Chef; les membres étoientle Duc de Wurtemberg; Maurice, Landgrave de Hesiè-Cassel ; JoachimErneít, Marquis d’Anspach ; Frédéric, Marquis de Bade - Dourlach ;
Chriítiern, Prince d’Anhalt; & la plupart des villes Luthériennes. LesCatholiques- sentirent auíîìtôt la nécessité d’opposer une confédération à cel-le qui venoit d’éclore, & formeront la ligue Catholique fous la protectionde l’Empereur; elle étoit composée du Duc Maximilien de Bavière, quien fut déclaré Chef ; des Electeurs de Mayence , de Cologne, de Trê-ves; de l’Archevêque de Saltzbourg; des Evêques de Bamberg, de Wurtz-bourg, & d’Aichstet ; des Archiducs d’Autriche; du Pape; du Roi d’Espa-gne ; enfin de Jean Georges de Saxe, & du Landgrave de Hesse - Darm-stadt, tous deux Protestants, mais jaloux du commandement qu’on avoirdéféré à l’Ëlecteur Palatin.
Les soupçons des Protestants fur la bonne foi de Henri IV étoient dissi- Mort dupés; ils avoient reconnu, que c’étoic un artifice de la maison d’Autriche; ils RoideFran-conclurent un traité avec ce Prince, qui leur rendit son amitié que leur “ En Jgdéfiance avoit blessée; il fe préparoit pour marcher en personne à leur fe- & piufi^cours, lorsque le fanatisme, qui avoit déjà armé tant de bras contre ses autres trin-jours, les termina enfin par un des coups les plus funestes, qu’il ait jamais re-conduits (2). La mort du héros releva les espérances de la maison d’Au- l6l °'triche. Mathias fe réconcilia avec son frere, & lui rendit la Moravie , quoi-que avec beaucoup de peine. (3) llodolphe, n’ayant plus rien à craindrede la part de ce Prince, s'occupa de la succession de Cleves ; & adjugeaprovisionnellement ce Duché à l’Electeur de Saxe: mais les Alliés fécon-dés par les François s’emparérent de Juliers ; conquête qui ne réparoitpoint la perte qu’ils venoient de faire : Frédéric IV, Electeur Palatin, étoit 1611.mort, laissimt à Jean Duc de Deux Ponts l’administration de fes états &la tutelle de ses enfants; disposition qui fut confirmée par l’Empereur, quoi -qu’elle fût attaquée par Philippe Louis, Comte Palatin de JNeubourg; lepremier avoit été préféré à cause de son attachement au Calvinisme, quiétoit la Religion dominante dans le Palatinat. Christiern II ne lui survécutpas longtemps. Ce Luthérien, l’un des plus fermes appuis de la ligueCatholique, laiílà tous fes fiefs à Jean Georges, son frere.
Rodolphe venoit de céder la couronne de Bohême à l’Archiduc Mathias;mais il ne voulut jamais consentir à ce qu’il fut élu Roi des Romains; &la mort enleva cet Empereur avant qu’on lui eut désigné un successeur: il.expira le 10 Janvier .1612. Quoique les Princes fçachent a fiez s’affranchirde tout ce que le mariage peut avoir de gênant, celui-ci vécut célibatai-re; il fe plut à donner à différentes Princeflès des espérances qu’il n’avoitpas dessein de réaliser: dans les traités, il stipuloit pour fes enfants à naî-tre, quoiqu’il fût bien résolu, de n’en avoir jamais;, il aimoit la paix; ill’achetoit souvent au prix de fes plus chers intérêts. Quoiqu’il eût des qua-si) Puffendorf Rer. Suec. L. i. Se ft. jo. (2) V. notre T. 31. p. 251 £? Juin,
(3) Duínoat. T. 5. p. 2. Khevcah. T. 7.
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