D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. S e c t. XII. 499
mœurs frugales; mais, manquant de lumières & d’expérience (i), >1 fut rjist. d’Al-vaincu par le Comte deTilly, lai fiant plus de cinq mille hommes fur le lemagne,champ de bataille. Le Comte de Tilly avoit un sang froid, qui le ren- 1558-1648.doit terrible même dans la déroute, & qui, dans la victoire, lui en lais-soit saisir tous les avantages. Le Comte Palatin venoit de perdre un ami \j ortqui lui étoit plus utile encore que Tilly n’étoit ennemi dangereux: c etoit Mansfeld.le Comte de Mansfeld qu’une phtisie enleva à Page de quarante ans; avantd’expirer il se sit revêtir de ses habits militaires, paíïà fes troupes en revue& les exhorta à mourir pour la défense de la liberté & des privilèges del’Empire. Sa mort fut l’époque de tous les malheurs des alliés: chaquejour étoit marqué par quelques échecs, convois enlevés, postes forcés,villes surprises, tout profpéroit aux Impériaux.
Le Roi de Dannemarck, après avoir fait de vains efforts pour résister auComte de Tilly rentra dans fes états : il n avoit fous fes ordres que denouvelles levées, qui n’avoient connu la guerre que par leurs défaites. Saretraite consterna les confédérés; & causa parmi eux des défections funestesau parti du Comte Palatin : les Etats du Duché de Brunswick implorèrentla clémence de Ferdinand: le Marquis de Bade-Dourlach suivit cet exem-ple , & l’Electeur de Brandebourg ordonna à fes sujets enrollés fous les en-seignes Danoises de les quitter fous peine de confiscation de leurs biens. Le L'Empe-Comte Palatin abandonné par une partie de fes alliés, voyant les autres, ^nouvelou vaincus, ou chancellans, demanda la paix; mais il vouloit jouir alter- i es p r 0 p 0 fi.nativement avec le Duc de Bavière de la dignité Electorale, & cette con- tims quedition fut rejettée. Les succès du Comte de Tilly, la mort de Mansfeld, i'EleSeurla fuite des Danois avoient enflé l’orgueil de Ferdinand, qui ne dissimula £f { aí /á/ f gplus fes projets ambitieux: iT afpiroit au despotisme, & ne s’en cacha plus ; 1 I<52 8. 'il laiflà voir ouvertement le dessein de rendre la couronne Impériale héré- L'Empe -ditaire dans la maison d’Autriche : il vouloit que tout l’Empire n’eût d’au- reur f aittre Religion que la sienne, d’autre loi que sa volonté, & que les Electeurs C ]iJifcH on .ne fuslènt plus que des courtisans occupés à briguer un sourire de leur maî- gne U detre. Ses troupes vivoient h discrétion & sans choix dans tous les états; il Bohême,distribuoit les bénéfices ecclésiastiques aux cadets de fa famille,& ayant déjà l ' Archiducplacé la couronne de Hongrie fur la tête de Ferdinand Ernest son fils; il Fír4tnanti -donna encore celle de Bohême à cet Archiduc.
Cependant le Roi de Dannemarck, après avoir raflèmblé de nouvelles for-ces , rentra en Allemagne où il fit quelques conquêtes & qui lui furent bien-tôt enlevées par les Impériaux. Enfin on parla sérieusement de paix; & lecongrès fut indiqué à Lubec: les Ministres Danois demandoient la restitu-tion des conquêtes faites fur eux, & des prisonniers ; ils exigeoient que laBalle Saxe conservât la liberté de conscience, & les fils du Roi de Danne-marck (2), tout ce qui leur avoit été donné par élection dans l’Empire: lesMinistres de l’Empereur exigeoient que le Roi de Dannemarck ne prît plusaucune part aux affaires d’Allemagne, qu’il renonçât aux Duchés de Hol-stein, de Schleswic, au pays de Dichmarsen & à toutes ses prétentions furquelques Seigneuries dans la Basse Saxe & dans la Westphalie: qu’il cédât
(x) Struvius Per. xo. Seiï. 9. (2) Puffendorf L. x, §. 54,
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