D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. XIII. 543
blcs ; PEvêque le promit & viola fa parole ; il fit désarmer ces braves fol- mst. d’AI.dais & par un raíinemenc de vengeance odieux, au lieu de les faire con- Ie;na£ne,duire à Harlingue par le chemin le plus court, il leur sic faire un long 1649-1705.détour, fans leur fournir de vivres: la plupart de ces malheureux expire-renc fur le chemin exténués de faim & de fatigues. Bernard van Galenpoursuivant le cours de fes conquêtes, s’étoit promis d’entrer triomphantdans Groningue, & d’y célébrer la méfie le jour de Saint-Louis; maisCharles Rabenhaupt qui commandoit dans la place, fe défendit avec tantd’intrépidité, que le Prélat fut obligé de donner le signal de la retraite :le siégé de Groningue fut une seconde fois l’époque de 1a honte; les Hol-landois le chassèrent de tous les postes dont il s’étoit emparé dans la Pro-vince de Groningue & reprirent Coevorde, qui fervoit de place d’armesaux Munstériens.
Louis XIV, tandis que la République humiliée implorait fa clémence,terniílòit l’éclac de fa gloire par les conditions dures, auxquelles il mectoitla paix. L’Electeur de Brandebourg n’épurgnoit rien pour la défense dela cause qu’il a volt embrassée : ce Prince excitoit le Corps Germanique àfe déclarer en faveur des Hollandois, qu’il étoic intéressant pour l’Empired’assoiblir, mais dangereux de laiílèr accabler: ces motifs agirent puifiâm- L'Empe-ment fur l’efpric de Léopold; il conclut un traité de ligue offensive & dé- reur donnePensive (1) avec les Etats généraux, il promit d’envoyer au secours de ia li ^J ec ^ L Ji SRépublique une armée de 125000 hommes; les troupes Impériales joigni- ^miois !"rent celles de PElecteur fur les bords du Weler. Montecuculli en prit lecommandement, (k s’avança vers Cologne; son dessein étoit de joindre le MarchePrince d’Orange: le Maréchal de Turenne (2), passa le Rhin à VVesel & hardie dudéconcerta les projets du Général Allemand. L'armée combinée fit unmouvement pour gagner le Palatinat & palier le Rhin à Coblentz, mais leMaréchal sit de nouveau échouer ce projet, en venant camper près de h jmQionMulheim & Montecuculli fut forcé de íè retirer à Friedberg: le Général des lmpè -François profita de Pinaction où il l’avoit réduit, pour punir PElecteur deTreves de Pintelligence qu’il encretenoit avec l’Empereur. Les troupes fs a s n \Françoifes mirent cet Electorat à contribution ; conduite févere qui inti- f ois mettentmida l’Archevêque de Mayence & l’Electeur Palatin , jusques h refuser paf- à eentribu.sàge^fur leurs terres aux Impériaux: Punique ressource qui restoic à Mon- à J" ^tecuculli étoit d’aller pafier le Rhin à Strasbourg, & le Prince de Con- ”g ÍK * de 'dé (3) venoit de faire brûler le pont de cette ville. Treves.
Les Impériaux désespérant alors de joindre leurs alliés, fe mirent enmarche au milieu du mois de Décembre, pour aller prendre des quartiersen Westphalie. Le dessein de l’Electeur de Brandebourg étoit de l’e jetterfur les terres de PElecteur de Cologne & de PEvêque de Munster; déjàles Impériaux étoient arrivés fur les terres de Bernard van Galen & y vi-voient à discrétion; le Prélat avoit en même temps à combattre & contreles forces réunies de deux puiíîàns ennemis & contre les cris du peuplemutiné, qui lui reprochoit d’avoir causé ses malheurs ; il étoit prêt à remet-
(1) Mémoires de Dumont T. ?. (2) Hijl. du Maréchal de Turenne L. 5.
(z) Mémoires Jervant à l h’Jloire du grand Condé, '