HISTOIRE DE L’E M P I R E
lemagne
1649-1705
Sainte liguecontre lesTurcs.
1685.
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Sr ct.XIII. usurpations , malgré le désir qu’il avoir de les recouvrer, & d’abaisserllist. d’AI- la puissance du Monarque François, céda à la nécessité, & conclut aveclui une trêve de vingt ans: par ce traité signé à Ratisbonne, Louis XIVdemeura maître de Strasbourg, & de toutes les villes & seigneuries, quiavoient été réunies à fa couronne avant le i r . Août 1683 ; il rellituaà l’Lmpire tout ce qu’il avoir envahi depuis cette époque : mais cequi reitoit encore entre ses mains, luffisoit pour animer la maison d'Ala-trie he contre lui, & nourrir des semences de guerre, que le temps pou:voir faire éclorre.
L’Empereur crut n’avoir pas acheté trop cher une paix momentanée,dont il avoir besoin, pour repousser les forces Ottomannes, & rétablir sonautorité presque anéantie en Hongrie: il forma contre les Turcs cette ligueredoutable, qu’on appella Sainte , quoique la Religion n’en fût que leprétexte, & qui fut depuis détruite ou du moins affoiblie par un CardinalFrançois (1). Le Roi de Pologne, le Pape Innocent XI, & la Républi-que de Venise, réunirent leurs forces h celles de Léopold; mars le Duc deLorraine après quelques succès (2), trahi par les Ministres de Vienne,qui avoient résolu sa perte, mal obéi par les Généraux Allemands jalouxde fa gloire, sic devant Bude une campagne malheureuse & meurtrière;& ceux qui avoient causé ses malheurs, ne manquèrent pas de lui en fairedes crimes aux yeux de la cour de Vienne.
Dans l’intérieur de l’Allemagne, la mort d’un Electeur avoir fait naîtreun nouveau sujet de discorde. Charles Louis Palatin, dernier rejetton dela branche de Simmeren, venoit de terminer une vie fort agitée, & recom-mandable par quelques actions d’éclat. Jaloux de la grandeur de l’Empire,il s’étoit élevé avec fureur contre la cession de P AI face: il avoit mêmerefusé de rendre hommage à Louis XIV pour les fiefs qu’il y possédoit.yíffaire de Philippe Guillaume Duc de Neubourg, avoit fur le Palatinat & fur seslajuccejsion dépendances des droits incontestables; tout ce qui avoit formé le patrimoi-Valatine. ne Sjinmeren lui appartenoit encore ; ii écoit le premier en rang dansla branche des Deux-Ponts; le droit d’aínesiè, la bulle d’or, les ancienspactes de famille, tout l’appelloit à cette succession ; d’ailleurs, par uneconvention passée à Halle en Suabe, l’Electeur avoit confirmé la dispositionde la loi, & l’avoit reconnu pour son héritier: malgré des droits si bienprouvés, il trouva un concurrent, c’étoit le Comte Palatin de Veldentz ;celui-ci, en comptant les dégrés de parenté, se trouvoit le plus prochede tous les collatéraux; il exposa ses prétentions; mais, lorsqu’il vit qu’ilne pouvoit les faire valoir que l’épée à la main, lorsqu’il songea qu’il at-taquoit le beau-pere de l’Empereur, lorsque tout le College Electoral sedéclara pour le Duc de Neubourg, il garda le silence, & laislà passer cetteriche succession dans les mains de Philippe Guillaume.
La Ducheílè d’Orléans, soutenue par la France, se montra plus opiniâ-tre ; elle étoit sœur de l’Electeur; les meubles & les biens allodiaux luiappartenoient ; dans les biens meubles, elle vouloir que l’on comprît l’ar-
til-
( 1) Hist. du Card. de Polignac. (2) Vie de Charles V. Duc de Lorraine.
(z) ïhucelius. jdS. ptibl. T. 3. Corps Dipl. T. 7. p. 1.