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HISTOIRE DE L'EMPIRE
Sect. IV.
ftijh deRuffie.
pour être un des Officiers, qui dévoient conduire le Czar, & mettte íapersonne en sûreté dans le monastère de la Trinité : son esprit & son natu-, „ rel actif lui attirèrent les bonnes grâces du Czar. Depuis ce temps-là,
159 b9 ' n Sa Majesté l’a toujours eu auprès de fa personne : elle avoit pour lui une
" „ affection particulière, & prenoit plaiíir à s’entretcnir souvent avec lui des„ pays, où il avoit été, de la discipline qui s’observoit dans les armées, tant par„ mer que par terre, des ricKesses des pays étrangers, & du commerce qui se„ faisoit dans toutes les parties du monde par le moyen de la navigation. " (1)Cet Officier n’avoit rien appris par méthode, mais il étoit, comme le Czar,capable de tout apprendre : il avoit beaucoup voyagé, beaucoup observé ;le Czar ne trouvoic pas en lui un maître, mais un compagnon d’étude. LesBoyards murmuroient un peu de cette prédilection accordée à un étranger :mais Pierre, qui avoit vu des révoltes, des périls, dont la vie avoit été plu-sieurs fois menacée, étoit fait pour braver de vains murmures: il avoit euau dedans de lui-même d’autres obstacles à vaincre & les avoit surmontés.Dans son enfance, porté un jour entre les bras de fa mere, il avoit été ré-veillé tout à coup par une cascade d’eau, dont le bruit & les bouillonnc-mens le frappèrent d’horreur: depuis cette époque il confervoit à 1 aspectHorreur de d’un lac, ou même d’un ruisseau, une crainte machinale, qui alloit quel-l'eau ; com- quefois jufqu’aux convulsions : les courtisans le plaignoient ; le soldat enmet imin. r j 0 j £ . en r0 ugissoit lui-même. Ce ne fut point en fe précipitant tout à coupdans seau, comme le dit M. de Voltaire, qu’il fe mit au-dessus de cettefoiblesiè: son gouverneur passa devant lui un ruisseau à cheval, & le fit pas-ser de même à fa suite ; il le paffii ensuite à pied & sa suite l’imita. (2) Pier-re , qui avoit frémi d’abord à ce spectacle, se rassura peu à peu, & passaenfin le ruisseau: peu de temps après on lui fit voir des courtisans qui febaignoient dans un étang: il fut d’abord effrayé de leur péril; mais enfin ileut le courage de le partager : son aversion fe changea aussitôt en un goûtpour la navigation. Sophie avoit vu les premiers essais de cette passion nais-sante, & n’en avoit point été allarmée; elle les avoit regardés comme desjeux dé f enfance, qui ne pouvoient qu’inípirer au Czar le dégoût des affai-res, & servir Pambition dont elle étoit dévorée. La suite fit voir, combienelle se trompoit. Cet enfant qui s’amufoit à conduire une chaloupe, apprità construire & à commander des flottes.
ment vain-cue par kCzar.
Sect. V.Jíijl. deRuffie,fous Pierrele Grand.
SECTION V.
■Régné de
Pierre /, ou le Grand; ses entreprises , ses voyages ,' ses guer-re. r, résonne entiere de f Etat, &c.
Pierre, résolu de donner aux Russes des arts, des loix, des mœurs plusdouces, des sciences, des richesses, une marine, des armées disciplinées,n’ignoroit pas que les hommes s’opposcnt à leur propre félicité, qu’il nesuffit pas de les inviter à être heureux, qu’il faut les y contraindre, & qu’ony réussit rarement. Les réformes légeres, qu’Alexis & Théodore avoicuc
CO Etat présent de la grande Ruffie, par Jean Perry. (2) Hist. mod. dss Rafs-