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la terre ; enfin la coutume superstitieuse de bénir des chênes dans les forêts, ma. y e 'de garder chez foi des images qui ressembloient aux pénates, des Payens. Le Russie,peuple murmura; mais quelques coups de knout qu’on doíma.aux plus mu- sous'Piertetins appaiíercnt les murmures. - ' !,• Grand ~
Pierre voulut mettre le comble au bonheur de son épouse;' il l’avoit éle- —vée par degrés : d’abord leur hymen avoit été secret; puis il fut déclaré & Catherinerenouvelle; puis la Czarine fut reconnue ; enfin, elle fut couronnée Impéra-tn'ce, avec la plus grande folemnité. On pressentit dcs-lors que le deíïèin dePEmpereur étoit dc laitier le plus vaste Empire du monde à la captive deMarienbourg : après cette auguste cérémonie, où il s’étoit montré avee 1 ap-pareil le plus imposant, Pierre retourna au milieu des architectes, des con-structeurs de vaisseaux.* des ingénieurs, des artisans; ces-hommes utiles for-moiont íàcour; & tel Knés le plaignoit de ce que le Czar nc lui parloit ja-mais, tandis qu’un Ingénieur, un Méchanicicn , fou plan, ou son modelé à}a main, étoit fur d’obtenir audience, & de converser une- heure avec sonmaître. On vit s’élever un Observatoire pareil à-celui de Paris; une Acadé-mie fut fondée; les membres en furent choisis par le: Czar y & íesréglemcnsisorent écrits de fa main. La ville de Petersbourg ne le c-éda plus aux plusbelles capitales,- que par-le nombre des hsrbitans-& son -peu- tPérenduc-: mais kon y trouva la même,magnificence, plus dc régularité, la même police, lesmêmes arts. Pierre jouiíîòit de fa gloire &. de-son ouvrage ; mais la féliciténc fut pas longtemps pure. II avoit eu le malheur de donner i’étre à un filsimbccilic; il eut celui dc couronner une épouse infidèle, ou du moins quile parut h fçs- yeux,, & qui, sût-cllc innocenté, n’alirokjamais-’dû se per-mettre aucune action, même. 1 -indifférente,.qui put troubler'le bonheur deson bienfaiteur par de jalouses inquiétudes. Catherine avoit un.jeune Cham-bellan, Allemand dc naisiànce, mais dont la galanterie attestoic í’origine sran- cim^rinsçoise: il avoit des grâces, une figure intérefîìmte ; íii soeur étoit'la.favorite ‘de domestiquesî’Impératrice. Pierre qui, malgré fes débauches, adoroit son épouse, netoit de /'*>«■«/,,pas résolu de lui permettre une-infidélité, lorsqu-’i-I s’en permettoit mille. Lajalousie entre souvent dans un cœur corrompu; ori prétendit que Moëns avoitsçu plaire à Catherine, qu’iìs avoient pris fi peu de précaution pour cacherleur intelligence, que Pierre le vit un jour baiser la main de Plmpératrice.
Dans son premier transport,, le Czar voulut égorger &. Moëns, ,& fa sœur,
& Catherine & Ìes enfans qu’il avoir d’elle; &■ cet époux furieux, avoit par-donné à Villeboïs, beaucoup plus coupable que Moëns í ma'is -Moëns écoit 'aimé, & Villebois ne l’étoit pas: revenu dc l’on premier délirePEmp'ereùrrésolut de faire périr son rival, sous le glaive des loixy .fans cependant com-promettre son propre honneur :. il avoit été défendu, sous peine de la vie, htoutes les personnes en place, de recevoir des préíens. Moëns en avoir reçu;fa sœur avoit été sa complice : il fut condamné à perdre la tête & íà sœur àrecevoir onze coups de knout aux pieds de Péchaifaud. Catherine alla em*brasier les genoux du.Cz.ir, & lui demanda grâce pour fa favorite. Pierrela repousià avec horreur, &, dans fa furie, callà une glace de Venise; ,, tu„ vois”, dit-il en jettent fur son épouse un regard courroucé, „ tu vois„ qu’il ne faut qu’un coup de ma main, pour faire rentrer cette glace dans5 ,.la pouffiere, dont elle est sortie. Eh bien! ” lui répondit Plmpératrice