S F. CT. II.Hifl. deS#ede.800-1415.
B irger irri-te st s freres.
Torckel
dcsapité.
424 HISTOIRE DU ROYAUME
tion par un trait d’avarice plus digne d’un esclave que d’un Roi: ces repré-sentations parurent séditieuses, & Birger parle conseil de Torckel, eut faitjetter FArchevêque dans les fers, s’il ne fe fut retiré promptement. (1).
Soit qu’on eût inspiré au Roi des soupçons contre ses frères, soit qu’il enfût naturellement jaloux, il ft éclater fes fentimens dans un festin auquelTorckel avoit invité la famille Royale: comme les Princes alloient fe retirer,leur frere les rappella & leur dit d’un ton févere qu’il avoit été informé, qu’ilsdévoient sortir du Royaume, qu’ils avoient complotté de s’emparer du trône,& qu’ils eussent h signer la déclaration qu’il leur présentoir ; les Princesétonnés firent d’inutiles efforts pour fe justifier: ils furent obligés de jurer &d’écrire, qu’ils ne meuroient pas les pieds hors de la Suede & qu’ils ne pa-roîtroient point à la cour fans un ordre exprès du Roi; qu’ils n’auroient pourles accompagner que ceux qu’il désigneroit, & qu’ils ne tenteroient rien nicontre l’état, ni contre le Roi, ni contre fa maison, soit par eux-mêmes,soit par leur conseil. Le Roi fe rendit dans Piste de Wisingfoë, & peu dejours après il ordonna à fes freres de venir fe justifier fur de nouvelles accu-sations: ils y allerent avec une fuite peu nombreuse, & fe présenterent avecles témoignages ordinaires du respect & de l’amitié qu’ils dévoient à leur Roi& h leur frere; mais Birger jettant fur eux des yeux courroucés leur fit lireles principaux chefs d’accufation; on leur rcprochoit „ d’avoir dans le cours„ de leurs voyages dans différentes provinces, exigé des contributions, par„ force & à main armée, des paysans ; on ajoutoit qu’un de leurs officiers„ avoit donné un souflet au portier du Roi qui lui refufoit Feutrée de la„ cour; enfin qu’ils avoient une cour,dont la magnificence bien supérieure à,, celle du Roi, étoit propre à lui inspirer la méfiance & la crainte.” (2)Birger n’attendit point .qu’ils se justifiassent, il les renvoya avec hauteur: lesPrinces informés que le Roi vouloit les faire arrêter, fe retirèrent en Danne-marck & le Roi confisqua leurs appanages. Le Roi de Dannemarck refusaaux Princes jusques à fa médiation. Birger & lui sc promirent de sc secourirmutuellement. Eric & Waldemar furent plus heureux auprès de Haquin Roi deNorwegc ; il les reçut avec amitié & leur fit espérer de les aider à reprendreles biens dont on les avoit dépouillés: en attendant il leur donna pour leursubsistance, les châteaux de Warbcrg & de Kungel avec leurs districts. Dès-lors ils ne gardèrent plus de mesures; avec les secours de Haquin ils firentdes excursions dans la Suede & le Dannemarck. Birger leur opposa destroupes & bâtit la forteresse de Gulberg: ils venoient de faire construirecelle d’Alebourg; le Roi donna à fes troupes ordre de la raser. Eric surpritl’armée de Birger & la mit en déroute: il rassembla une nouvelle armée: lesPrinces l’attendirent; les armées étoient cn présence, lorsque quelques séna-teurs s’entremirent pour raccommoder le Roi avec fes freres. Cette négocia-tion réussit; mais Torckel cn fut la victime. Chacun Je chargea de fes torts:accusé par les Princes d’avoir occasionné la guerre civile par la méfiance qu’ilavoit inspiré au Roi contre ses freres; accusé par le Roi d’avoir abusé de sonautorité pendant fit tutelle & d’avoir opprimé le peuple & le clergé, il futcondamné parle Sénat, jaloux peut-être de l’élévation de Torckel; il eut
la
(1) Loccen. loc. cit. (2) Puífeiidorf de reb. Suec.