OU DES PROVINCES UNIES, Lm XXXIII. Sect. VIII. 3 r
Famcur de la patrie , avoient pris les armes & ne le cédoient ni en I-Iijl. de '
courage ni en expérience aux plus vieux vétérans. Une foire, une fête
publique & surtout la terreur que rapproche des Espagnols avoit répandu 574 5 4 ‘dans les campagnes, avoit attiré dans les murs une multitude de paysans. SebastienCe fut h saide de ces bras accoutumés au travail , que Tappin répara Tappin In -•les anciennes fortifications & en fit de nouvelles: les femmes même yfurent' employées. Les Espagnols de leur côté , ne montroient est Chargémoins d’ardeur dans Patraque que les assiégés dans la défense. Le Duc Refairede Parme avoit jetté deux ponts fur la Meuse: fou artillerie tonnoi t. réparer Us
fans relâche & foudroyois les remparts ; il avoit poussé ses travaux fort la
avant ; déja plusieurs brèches fembloient promettre un heureux succès, &on résolut de donner l’asiaut par deux endroits différents;
Les assiégés n’ignorerent pas ce deílèin : ils redoublèrent de vigilance Le Duc de& d’activité. Les femmes divisées en trois corps, commandées par trois N
héroïnes , descendirent dans les entrailles de la terre, pour creuser des dûnnermines & des routes souterraines; elles n’en sortirent, que pour se con • sajsaut.fondre parmi les soldats , & braver comme eux la mort fur les ruines Courqge
des murailles. Les fossés étoient déja comblés de fascines & de pierres d ’ S ot ^ m .écroulées ; tout étoit disposé pour Passaut. (x) Le Duc de Parme re- mes deprésencoit aux siens que la conquête de cette place entraînoit celle de Mastricktltous les Pays-Bas ; qu’elle ouvroit un libre pasiàge aux renforts qu’onpouvoic attendre d’Allemagne ; , qu’enfín elle mettroit Philippe en étatd’imposer aux rebelles les conditions qui conviendroienc le mieux à ladignité de fa couronne. Quant à Sebastien, il ne donna que des élogesaux assiégés ; ils u'avoient pas besoin de remontrances ; cependant lesignal se donne. Le premier effort se fait du côté de la porte de Bol- Les Efpa-'duc: le Chevalier Farnefe s’avance h la tête de ses Volontaires, parmilesquels on distinguoic le Comte de Nofri & Antoine Simonetta , tous £deux rivaux a la cour, comme au champ d’honneur. Le premier fut Bolduc.percé de coups à la premiers décharge ; l’autre alloit arborer son enseigne Mortfur les murailles, lorfqu’il fut renversé par un coup mortel: presque tous•les volontaires eurent le même fort. Les Régimens de Valdès & de ^ du com .Lopès s'arrêtèrent d’abord à la vue de ce maíîàcre ; mais bientôt entrai- t edeNofiunés par Pexemple & les discours de leurs officiers , ils montèrent íur labreche. Ce ^ fut-là qu’on vit une mêlée horrible; la lance, l’épée, lemoulquet n’étoiènt pas les seules armes qui portoient la mort dans les d ^ e ce r J^rangs des Espagnols: les paysans les aííòmmoient à coups de fléau, lesFemmes lançoient fur eux de grands cercles de feu-d artifice , quienveloppoient plusieurs soldats à la fois, & les faifoient expirer au milieudes flammes. De petites pieces d’artillerie placées fur une tour voisine,aisoient encore pleuvoir la mort sur les afîìégeans. Ceux-ci fe faifoientes rctranchcmens de cadavres entassés. Fabio Farnefe étoit à leur tête;trav° n raí!òmblé P r ès de lui l’élice de la Noblesse; il s’étoit avancé àìe íïiiv '■ lne S fele âî balles ; mais enfin ce Chef intrépide, & ceux qui° le nt, périrént presque tous. Les soldats découragés comraencerent
/(O 8 Avril.