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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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Sr HISTOIRE -DE' II O L L A N D E

Sect. VIII. été, & doivent être gouvernés suivant les fermens faits par leurs Princes k

Hift.àe leur avenement, conformément à leurs privilèges & anciennes coutumes,

rvvisL. si ui ne leur Permettent pas de les violer. Joint aulfi , que la plupart4 * defdites Provinces ont toujours reçu & admis leurs Princes & Seigneurs àde certaines conditions , & par maniéré de contrats & accords confirméspar ferment ; lesquels , si le Prince vient à violer , il eít à bon droitdéchu'de la supériorité du pays. Or ir. est ainsi, que le Roid’Efpagne, après le décès de feu l’Empereur Charles V, son Pere , deglorieuse mémoire (qui lui a transporté tous ces Pays) oubliant les ser-vices, que tant fondit Pere que lui-même avoient reçu de ces pays, & deleurs habitans, par lesquels principalement le Roi d’Efpagne avoit rem-porté de fi glorieuses & mémorables victoires fur fes ennemis , que sonnom & sa puiíìànce en étoient renommés & redoutés par tout le monde :oubliant ausiì les remontrances, que ladite Majeilé Impériale lui avoitci-devant faites, a au contraire prêté l’oreille, & donné créance & cré-dit a ceux du Conseil d’Espagne étant auprès de lui, ayant ledit Con-seil conçu une envie & haine secrette contre ces pays , & contre leurliberté ; parce qu’il ne leur étoit pas permis d’y commander absolument,

& de les gouverner, ni ausiì d’y poíïëder les principaux états & offices,ainsi qu'ils font au Royaume de Naples & de Sicile, dans le Duché deMilan , aux Indes & dans les autres pays, sujets à la puiíìànce duRoi ; étant ausiì amorcé par la richesiè defdits pays, que la plupartd’entr’eux ne connoissoient que trop , ledit Conseil, ou aucuns des principauxd’icelui, ont par diverses fois remontré au Roi , que pour la réputation& plus grande autorité de Sa Majesté , il valoit mieux conquérir denouveau ces Pays-Bas , afin d’y pouvoir alors commander absolument àson bon plaisir, & les gouverner, fans avoir égard aux loix (c’est-à-diretyranniser à fa volonté,) que d’y regner fous de telles conditions, qu’il »avoit juré d’obferver à son avenement à la régence defdits Pays. LeRoi d’Efpagne, suivant depuis ce temps-là les inductions de ce Conseil,a cherché tous moyens , pour réduire ces pays en servitude sous legouvernement des Espagnols , en les dépouillant de leur ancienne liber-té : Ayant premierement voulu , fous prétexte de la Religion , mettredans les principales & plus puissantes villes des nouveaux Evêques, lesenrichisiànt & les dotant, en y joignant & unifiant les plus riches Abbaïes,ajoutant à chaque Evêque neuf Chanoines, pour lui servir de Conseillers,dont trois auroient la charge particulière de lTnquisition. Par laquelleunion lesdits Evêques étant fes créatures , à fa dévotion & commande-ment (& qui pouvóient être choisis, ausiì bien des étrangers que desnaturels du pays) auroient le premier lieu & la premiers voix dans lesassemblées des Etats defdits pays. Et par I’adjonctíon defdits Chanoines,auroit introduit l’Inquisition d’Efpagne , laquelle de tout temps a été ences pays en ausiì grande horreur, & ausiì odieuse, que la derniere ser-vitude même ; ainsi qu’il est notoire à un chacun. Tellement que SaMajesté Impériale Ayant autrefois proposée à cefdits pays, elle, euégard auxdites remontrances faites à Sa Majesté, cessa d’en parler, don-nant en cela des preuves de la grande affection qu’il avoit pour scs su-