HISTOIRE DE HOLLANDE
Sect. IX.Hist. deHollande.1584-1593
La flotte*fl disper-sée par lesyents.
Paroles dePhilippeJ f. en ap-prenant lanouvelle dela destruc-tion de faflotte.
Le Duc deParmeprojette laconquêtede Berg*tp - zoom.
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tion d’avoir la vie sauve. Mais les Anglois satisfaits de leur vict à,ne vouloient pas réduire au désespoir des ennemis encore redoutables parleur nombre : ils crurent qu’il écoit prudent de leur laitier une libreretraite , & de laitier aux vents le foin d’achcver leur déroute. En effet,toute cette flotte s’étant mise en marche , fut bientôt le jouet des tem-pêtes, plusieurs vaisseaux firent naufrage fur les côtes de France & d’An-gleterre , quelques-uns allèrent couvrir de leurs débris, lessivages de laNorvege ; on prétend même qu’il y en eut qui pénétrèrent jusquesvers le Pôle, & illustrèrent par leurs désastres des bords jufqu’alors igno-rés. On compta trente-deux navires, engloutis dans les fables d’írlande.Les matelots qui se jetterent à la nage, pour échapper h la mort, entrouvèrent une plus cruelle fur la terre ; ils furent massacrés par lesfarouches Irlandois, que le trop grand nombre de ces malheureux alar-moit. D’autres vaiílèaux rencontrèrent d’autres écueils. Deux entr’autresqì-ii avoient eu le bonheur de rentrer dans les ports d’Efpagne, y furentdévorés par les flammes. Enfin de tout cet armement, l’Efpagne ne putconserver que trente vaisseaux de transport, & un seul vatflèau de guer-re , qui ramena le Duc de Médina - Sidonia , Généralissime de ce:teflotte, qu’on avoir appellée invincible. II alla cacher fa honte dans festerres. Plusieurs Capitaines moururent de chagrin. Quant à Philippe, finous en croyons Strada , il joua très bien son rôle & ne perdit rien,du moins en apparence, de son orgueil & de fa fermeté. II écoìt occu-pé à écrire quelques ordres, lorsqu’on lui annonça cette fatale nouvelle.On n’apperçut aucune émotion fur son visage. ,, Je rends grâce à Dieu,,, dit-il, de ce qu’il m’a donné aflez. de forces & de richesses pour met-„ tre encore une semblable flotte en mer ; il n’importe pas beaucoup„ qu’un ruisseau soit coupé , pourvu que la source n'en soit pas tarie.”'En simíìànt ces mots, il fe remit à écrire avec la même tranquillité (r),st ordonna des prières publiques pour remercier Dieu d’avoir conservéquelques débris de la flotte. Cependant son chagrin concentré au dedansde lui-même, fe décela bientôt par une maladie , & bien mieux encorepar le foin qu’il pritd’abréger le temps du deuil, & de proscrire le costumefunèbre qui rappelloit le souvenir de tant de pertes.
Le Duc de Parme qui avoit enfin renoncé au chimérique projet deconquérir l’Angleterre, & qu’on accufoit en Espagne des malheurs dela flotte, cherchoit à fe consoler de tant de désastres par la prise deBerg-op-Zoom , qui lui auroit ouvert l’entrée de la Zélaude : pourassurer le succès de ce siégé , il falloit s’emparcr de la petite ville deTôle n , qui n’est séparée de Berg-op-zoom , que par un bras derivière & qui pouvoic lui envoyer des secours. Cette expédition futconfiée à Montigny & à Octave de Mansfeldt : mais ils furent vigou-reusement repoussés par les habitans. De 800 hommes qui étoiencpartis fous leurs ordres , ils n’èn ramenèrent que 400 : le reste péritpar le fer ou dans les eaux. Le Duc de Parme crut réparer cemauvais succès en fermant le port de la ville par des levées & des
(,) Fam. Stràda de Bell. Bclgic. Dec. II. Lib. X,