OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. IX. 107
pont?. Mais les habitans eurent l’audace de s'avancer hors des murs, ///£
& de camper en fa présence.^ Une vaine tentative qu’il fit pour s’em- Hollande,parer par 11 rata génie d’un château eíTentiel à son dessein , acheva de *584-1593-le désespérer. D'ailleurs les maladies causées par un air épais & hu- ——■
mide, emponoient tous les jours beaucoup de soldats étrangers à ce climat.
Les pluies de l’automne inondoient ses travaux & son camp ; enfin // e /i s orc til fallut lever Je siégé, & cette ville qui avoit fait une si glorieuse défense, de lever lefut donnée au Prince Maurice pour l’indemniser des pertes que la guerre lui fiege,avoit causées.
Le Prince de Chimai ne fut pas beaucoup plus heureux devant Bonn, Le Princeque le Duc de Parme devant Berg-op-zoom : s’il parvint à s'empirer de Chimaide cette ville, ce ne fut qu’après un siégé de six mois. Schenk qui l’a- prendvolt prise Tannée précédente , fit de vains efforts pour obtenir des se- R° n,ucours des Princes Allemands : ceux - ci ne vouloient point avoir pourennemis un Prince qui possédoit des Domaines dans l’Empire, & dont laFrance alors recherchoit Talliance. Les habitans & la garnison de Bonn,commandée par un brave Silésien, n'eurent plus de ressources que leurcourage. Mais c’en étoit aflèz pour résister longtemps : ils firent de fré-quentes sorties, & porterent la terreur & la mort jusques dans le camp dtiPrince de Chimai. Parmi les victimes illustres qui tomberent sous leurscoups, les Espagnols regrettèrent surtout, Jean Baptiste Taxis, un deleurs meilleurs Généraux.
Enfin les assiégés , voyant leurs fortifications ruinées, & commençanth sentir les horreurs de la famine , demanderent une capitulation hono-rable , qui leur fut accordée. Le Comte de Mansfeldt ne languit pas fllongtemps devant Wacbtendonck dans le pays de Gueldre : il fit éleverdes cavaliers, d’où il foudroyoit cette ville entourée de marais ; rap-proche de l’hiver augmenta l'espérance qu’il avoit de s’en emparer, &la crainte qu’avoient les habitans de voir leurs maisons livrées au pilla-ge. La glace en consolidant les marais , devoir offrir un libre passageaux affaillans ; cette considération engagea les habitans à recevoir Ten-nemi dans la ville , malgré la résistance d’une courageuse garnison quirougissoit de capituler.
La perfidie des Anglois n’étoit pas moins funeste aux Confédérés que lavaleur des Espagnols. Le Duc de Parme fut redevable à leur trahison dela conquête la plus importante qu’il eût faite juíqu’alors dans la Hollande.
Depuis longtems le feu de la sédition avoit été allumé dans Gertrudem- Ann. 158$.berg par la garnison Anglaise. Elle avoit chassé ses anciéns Capitaines, &en avoit élu d’autres, qui ne sçavoient que caresser & encourager sa révolte.
Le Duc de Parme leur écrivit plusieurs fois pour les engager à lui remet-tre la place: ses lettres & fès messagers furent d’abord reçus avec mépris;mais enfin les menaces des Etats, dont on exagérait à leurs yeux la ven- Les Anglesgeance prochaine; Tadreílè & Téloquence des séducteurs Espagnols, qui livrentíè mêloient parmi eux; enfin la crainte d’être punis dé leurs nouveaux ou- j e nlergtrag es accumulés, des contributions levées dans les campagnes,, & às a u Duc del’injuste détention des vaisseaux de la République, les firent pencher vers Parme.le parti du Duc de Parme: ils désarmèrent les bourgeois, rcjetterent les
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