OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. ÏX. nz
Piste de Gravenwaart, & touc ce qu’on avoir pris fur leurs frontières ; Hift. deque les pafiàgcs fuíTent libres , que la navigation de l’Erns & du Rhin Hollande,tût exempte de péage , que ces fleuves ne fufient plus couverts de na- I ^ 8 4-iSP3»vires armés. La réponse des Etats fut plus consolante que celle du Duc '
de Parme. „ Ce n’est-point à flous, disoient-ils, qu'il faut imputer tous„ les maux dont vous vous plaignez ; c’cst à nos ennemis, autrefois nos,, maîtres, qui par les cruautés de l’Inquiíìtion , par toutes les violences„ du plus affreux despotisme, nous ont forcés à prendre les armes. En-
„ graissés du sang des Américains , enrichis de leur or , couverts- des
„ dépouilles du Roi de Portugal ; ils viennent jusques dans nos marais
„ attaquer notre pauvreté, comme si le peu de bien qui nous reste, pou-
,, volt raflàsier cette soif des richesses, qui ne l’a pas été par tant de„ trésors & de domaines usurpés dans les deux mondes. Pouvez-vous,, ne les pas regarder comme les ennemis des Nations & des Puissances,
„ lorsque vous les voyez renverser de son trône, le malheureux Antoine,
„ menacer du même fort l’Auguste Elisabeth , & soulever la France
,, contre son légitime Souverain ? Cependant plusieurs d’entre vous re-„ cherchent leur amitié , d’autres leur obéissent par crainte, & tous les,, voient fans indignation maîtres du Duché de Cleves & de plusieurs„ autres Contrées. Philippe est le plus opulent de tous les Monarques;
„ cependant, lorsqu’il entend les cris importuns de ses soldats, qui de-„ mandent leur solde , il leur montre l’Allemagne , où leur licence a,, trouvé tant de fois ce que leur relu soir son avarice. Jamais peuple ne„ veilla fur la conduite de ses soldats, avec plus de sévérité que nous.
„ Jamais aucun ne respecta plus religieusement que nous les possessions„ de ses voisins. Des châtimens séveres attestent, combien les brigan-„ dages nous font odieux. Si quelques troupes en ont commis hors des„ frontières, nous avons ignoré ces dommages & nous sommes prêts k,, les réparer. Quant à Piste de Gravenwaart, elle a toujours relevé du,, Duché de Gueldre, & nous ne la retenons maintenant » que pour la,, défense de nos frontières : nous n'avons pris quelques forteresses en„ Allemagne , que parce qu’elles avoient embrassé ouvertement le parti de,, nos ennemis : cependant nous sommes prêts à les rendre & à donner„ Pexemple de la modération & de l’équité , comme les Espagnols ont, donné celui de la violence & de Pinjustice. Si nous levons des subst.
des en temps de guerre , c’est une chose qui se pratique en d’autres' Etats, même en temps de paix. Quel est le Souverain, qui n'établit” pas des droits de péage fur les rivières, dont il possede les bords?
„ Nos vaisseaux armés vous effraient, mais ce n’est^point vous qu’iis me-„ nacent, &, si nous consentions à les désarmer, PEspagne seroic bientôt„ maître de nos fleuves, & ses flottes vous donneroient de plus justes,, inquiétudes, que les nôtres.”
Cette réponse, quoique honnête, étoit vague, & l'on vit renouvellesfort souvent dans cette guerre les mêmes plaintes & les mêmes justifica-tions.
Terne XLIV.
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