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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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Sect.'IX.Hifl. deHollande.1584*1593

Retourdu Ducde Parme.

Ann. 1591.Faute dece Général.

Stratagè-me d'unGénéralAnglois.

Riduâîonde Zut-pken.

Siégé deDe y enter.

iï\ HISTOIRE DE HOLLANDE

Cependant le Duc de Parme revint de France, avec la gloire d’avoirdélivré la Capitale de la plus horrible famine, & d’avoir vû Henri IVfe retirer devant lui. Mais il ne trouva point dans son camp , la con-corde & la discipline qu’íl y avoit laissés. Les vétérans s’étoient soule-

vés faute de paye ; ils s’étoient rendus maîtres de Herentals & dequelques autres villes du Brabant. De-là ils fe répandoienc dans lescampagnes le fer & la flamme à la main, pillant , volant, saccageant& traitant tout le pays, comme un pays ennemi.

Avant de réduire ces mutins, le Duc de Parme commit une fauteeflèntielle, en laissant une partie de ses troupes en France, fous les or-dres du Duc de Mayenne, & en lui en envoyant de nouvelles fous lacondu'te du Prince d’Afcoli : son armée fe trouvoit ainsi assoiblie &

par une révolte & par une diversion. Maurice fe mit aussitôt en

campagne, Zutphen fut la premiere conquête qu’il fe promit. LeChevalier de Veere , Général des Anglois, le seconda très bien danscette entreprise.

II y avoit à l’opposice de Zutphen une fortereílè, dont il falloit s’em-parer avant d’entamer le siégé. Veere déguisa en femmes un grand nom-bre de soldats, & leur donna tout ce qu’il pût imaginer pour tromper la,garnison , & des armes cachées fous leurs habits pour l’égorger. Cesfausses paysannes arrivèrent en courant, comme si les Confédérés leseussent poursuivies. On leur donna dans le château l’afyle que leur feintefrayeur réclamoit ; mais à peine y font-elles entrées , que ces femmestimides fe transforment en soldats avides de carnage, maíîâcrenr une par-tie de la garnison & font le reste prisonnier. Ils étoient déja maîtres .duchâteau, lorsque Maurice arriva avec son armée. Elle étoic composée de8000 fantassins & de 2000 chevaux. Dès les premieres attaques il perditle Comte de Falkenstein, qui fut tué en poursuivant les assiégés, jus-qu’au pied de leurs murs. Son corps ne demeura pas exposé aux insul-tes de la populace, fes soldats l’arracherent des mains des ennemis. C’é-roi't le dernier & le plus fidèle des amis de Truchlès. Cependant la ri-vière étoit déja couverte de vaiíïèaux attachés ensemble, par des cables &.des ancres ; la tranchée étoit ouverte , les levées étoient faites. Aprèstrois décharges d’artillerie , on envoya sommer la garnison de fe rendre ;élle n’étoit composée que de 600 hommes, la plupart effrayés de cetteattaque imprévue , parce qu’ils étoient persuadés que cet armement nemenaçoit que Gertrudemberg. 11 s demanderont du temps pour délibérer;enfin ils capitulèrent. La condition la plus importante du Traité , étoicque les Loix, la Religion & la Police feroient maintenues dans Zutphen,fur le même pied que dans les autres villes des Confédérés.

Maître de cette ville, le Prince Maurice marcha vers Deventer. Cetteville étoit gouvernée par Herman Comte de Berg, proche parent de Mau-rice & digne de l’être.par son courage. Les malheurs des temps l’avoiententraîné dans la faction Espagnole ; il estimoit Maurice, & cette estimemême ’augmentoit le désir qu’il avoit de fe mesurer avec lui : mais faprévoyance n’égaloit pas fa valeur.