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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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. OU DES PROVINCES UNIES, U XXXIIL Sect. IX. u5

II n’avoit pas eu la précaution de rasièmbler aílèz de vivres & de poudre Hifi. fodans la place pour soutenir un long siégé ; du reste, il écoic prêt à pé- Hollande,rir pour le parti qu’il avoit embrassé. Les Espagnols à cet égard ne lui *584 1597.rendoient pas justice, ils disoient hautement que dans ce siégé les deuxcousins s’entendoient. L’armée des Confédérés s’arrêca tout à coup , àl’afpect des excellentes fortifications de cette place , & douta du succès.

Maurice lui-même ne songea plus à former un siégé, mais un blocus,dont il efpéroit un double avantage ; celui d’empêcher la garnison de fairedes courses dans les campagnes, oc celui d’obtenir par la famine , uneconquête qui auroit coûté trop de sang à fes soldats. Cependant il chan-gea bientôt de deílèin : après une canonnade qui dura huit jours, il mitIon armée en ordre de bataille, pour essayer fur les assiégés l’effet dece spectacle : en même temps il fit descendre des navires le long dufleuve ; d’intrépides mariniers les traînèrent à force de bras, à travers unegrêle de balles & les attachèrent au pied des murailles. On les recou-vrit d’un pont, & les soldats animés d’une nouvelle ardeur demanderentqu’on les menât à Faíïïuit. Le pont n’avoic pas la juste mesure du fleu-ve , & pour attaquer une tour déja ruinée par l’artillerie , il fallut qu’ungrand nombre de soldats fe jettassent dans la riviere. La plupart y péri-rent. Le reste gagna le rivage & monta fur la brèche. Les assiégés é-chauffés par les liqueurs fortes, dont ils s’étoient enivrés, défendirent ceposte avec beaucoup de courage Herman étoit à leur tête , il les ex-citoit encore par fes discours & par son exemple ; mais atteint d’un coupdangereux, il fut contraint de fe retirer: pendant la nuit on jetta furiepont d’inutiles feux, qui ne l’atteignirent point. Le jour reparut, lebandeau de l’ivresse étoit tombé, on vit le pont encore entier , l’arméerangée dans le même ordre de bataille, de nouveaux préparatifs pour uneseconde attaque. Ce spectacle abattit le courage des assiégés. Le seulHerman refufoit de fe rendre ; mais fa blessure l’empêchoit d’assister auxdélibérations du peuple. Maurice naturellement généreux étoit bien éloi- Les habí-gné de vouloir abandonner aux horreurs du pillage une ville défendue ía »s capi-par son cousin, & déshonorer une garnison qu’il commandoit. Les trou- tu h n îj mal 'pes d’Herman sortirent enseignes déployées, avec tous les honneurs de f nant er ‘la guerre. Les deux cousins fe tinrent longtemps embrassés , accu-sant la destinée , qui les forçoic h porter les armes l’un contre] autre.

La Frise opprimée par les Espagnols , appelloic le Prince Maurice àson secours ; il falloit pour y entrer, traverser des marais qui fembloientimpraticables : des arbriflèaux , dont on les couvrit pour les affermir,ouvrirent un paflàge difficile & dangereux. Les chariots qui porcoient lesbagages, s’y enfoncèrent: il fallut les en retirer. Les Généraux, danscette occasion, donnerent aux soldats l’exemple d’un travail opiniâtre.

Mais k peine échappés à ce péril , ils fe répandirent dans les campa-gnes, & y firent un butin qui fut bientôt dissipé. On ne pût ni s’oppo-fer k leurs larcins, ni les engager à en conserver le fruit pour des.temps dedisette. Enfin l’armée campa devant Groningue. On comptoit fur l’affectioti

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