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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. IX. 117

tres par des reproches humilians. Le peuple s’emporcoic jufqu’à l’inful- Hift. deter, & ce fut en partie pour se dérober à ces outrages & n erre pas té- Hollande,moin des progrès de f ennemi, qn’il prit le prétexte de fa maladie pour fe ^4-'593.rendre à Spa.

II étoic imprudent d’abandonner Nimegue dans ces dispositions défa-vorables : les habitans Voyoienc les Confédérés comblés de prospérités,l’abondance régner parmi eux, le commerce refleurir, les discordes«'éteindre, le bon ordre renaître & une faction devenir une Puiflànce;tandis qu’eux-mêmes, ils languiflòient Ibus le joug du despotisme, vexéspar les receveurs, opprimés par la garnison, esclaves enfin plus attristésencore par le souvenir d’avoir été libres : ils s’étoient donnés au Ducde Parme, comme au plus fort & au plus heureux; mais la fortuneayant changé leur affection, pouvoit changer de même. II est vrai queleur attachement pour les Confédérés n’éclatoit pas encore , & que

suspect des Espagnols armés réprimoit leurs murmures, & forçoit leur -haine au silence :■ cependant le Prince Maurice , qui comptoit fur l’a-version qu’un peuple qui fut libre, a toujours pour la tyrannie, résolut detenter de bonne heure le íiege de Nimegue.

Pour donner plus de sécurité aux Espagnols, il dispersa ses soldatsdans des quartiers , comme s’il avoic voulu fe reposer, ainsi qu’eux, desfatigues de la campagne. Mais ce repos ne fut pas long. 11 les raflem-bla bientôt, & les conduisit fur i'Escaut dans le pays de Waas, tandisque fa cavalerie traversant les campagnes du Brabant, s’avançoit vers le.même but. La ville de Hulst fe rendit d’abord & tout le pays promitde payer une contribution, pour laquelle il donna des otages- Mais-bientôt Mondragon étant accouru & ayant repris plusieurs fortsleshabitans refusèrent la contribution h laquelle ils s’étoient obligés. Telle,,difoient-ils, étoic leur confiance en l’humanité du Prince Maurice & la.haute idée qu’ils avoient de fa générosité, qu’ils. pensèrent qu’ii ne fevengeróit pas de leur infidélité, fur des ôciges innocent

Ce Prince fortifié par de nouvelles troupes'que lui amenoit Guillaume de R . sNassau, résolut enfin d’attaquer Nimegue. 11 en forma le siégé, & somma deshabi*les habitans de fe rendre. IU répondirent qu il devoií regarder la ville com- tans deme une coquette, à laquelle il faut faire quelque temps une cour ajjì - Nimegue &due , avant d'en faire la conquête. En effet ils travaillèrent à réparer leursfortifications, mais on ne voyoit en eux que l’amour du devoir & non l’en- pfi ncethousiaíme du Patriotisme: il étoic aiíë de s’appercevoir qu’ils ne résistoient f Orange*que pour pouvoit céder fil n s honte. 11s fe dclendoient mollement contreun Prince qu’ils estimoient; l’miifférence des Espagnols qui les abandon-noient, excitoit leur indignatiton. Cependant l’artillerie des affîégeans faifoicbeaucoup de ravage, & le peuple étoic ias de combattre pour ses tyrans.

Envain les plus riches lui promettoient deux armées que l’Eípagne dévoieenvoyer au secours de la place; il ne suc point séduit par cette chimere,&courut en foule au palais. On n’entendit d’abord que des-cris confus, maisenfin un citoyen impose silence à cette multitude & s’éleve avec force S£ditiûtpcontre la faction Espagnole. „ Je n’ai pas besoin, dit-il, de vous peín- dans in» dre nos-champs ravagés, nos maisons ruinées, la, misère & la faim dans

P s.