ìi8 H.ISTOIRE DE HOLLANDE
Srct. IX. „ nos foyers, pour nous convaincre de ces tristes vérités; il suffit de pro-íltft. de . ^ mener nos regards autour de nous : ne croyons pas que le siégé n’aic1 a j roi. »»• commencé qu’au moment où Maurice a paru. Nous sommes vraiment
5 * _' „ assiégés depuis que nous avons reçu l’Efpagnol dans nos murs; puisque
„ tous nos convois font interceptés, tous les passages fermés, & toute,» correspondance avec l’étranger impossible. Depuis que nous avons eu„ la foibleílè de violer l’alliance, que nous avions jurée aux autres Provin-„ ces, des calamités de toute efpece fe sont succédées fans interruption.„ L’Eípagne n’a pas fait le moindre effort pour repousser l’ennemi, qui,, triomphoit dan,s nos campagnes, &infultoità ses enseignes; & maintenant,, qu’elle le voie sous nos murs, déja presque abattus par son artillerie,„ elle prend parc aux affaires de France, fans s'inquiéter des nôtres. Quei, nous ferviroient aujourd’hui les secours qu’elle pourroit nous accorder?„ Elle nous les a refusés, lorfqu’ils pouvoient être utiles; mais mainte-„ nant que l’ennemi s’est forcifié dans son camp, quelle force humaine, „ pourra renverser ces retranebemens , ces terrasses d’où ils nous fou-„ droient? Pense- 1 -on que ceux qui ont lâchement abandonné Zutphen„ & Deventer, montrent plus de zele pour le salut de Nimegue? Si nous„ avions eu plus de prudence, la prise de Hulst eut été l’époque de notre„ réduction. Je le vous dis encore, notre mil’ere ne cessera qu’avec notre„ servitude. Jamais l’abondance & k liberté ne régneront dans nos mu*,, railles, tant que l’Espagnol y régnera. Secouons enfin ce joug odieux:„ Maurice nous appelle à son parti. Autant il est terrible dans le com*„ bat, autant il est doux après la victoire. Les Confédérés ne chercher.t,, pointa avoir des Esclaves, mais des Egaux: ils ne font point la guerre„ pour nous asservir, mais pour s’affranchir eux-mêmes. Voyez quelle„ différence de leur sort au nôtre: chez eux tous les passages des rivie-,, res sont ouverts , la navigation est libre , le commerce circule , les„ campagnes rempliííènt l’efpoir du cultivateur, les richesses de l’étran-,, ger y abondent, comme celles du fol: ils n’ont h redouter ni l’avari-„ ce du Gouverneur, ne l’infolcnce du soldat Espagnol. Si les Conft»,, dérés levent des impôts, c’est pour maintenir leur liberté, tandis que,» chez nous on n’en leve que pour prolonger notre servitude. Ayons donc,, le courage d’être libres & de vivre avec des hommes libres. Repre-,, nons notre place dans une République , où nous n'obéirons qu’aux,, Loix, cù nous aurons part au gouvernement; & rejetions l’empire des,, tyrans qui ne daignent pas même nous aider à conserver nos chaînes.”Le Prince Ce discours entraîna tous les esprits : la garnison trop peu nombreuse^ntre'd P our ^ófister au peuple, s’estima heureuse qu’on lui fit grâce de la vie.Nimegue! Le Prince Maurice fut donc reçu dars Nimegue il y mit une forte garni-son , choisit de nouveaux Magistrats & interdit l’exercice de la ReligionRomaine.
Ce Prince retourna ensuite en Hollande. Tous les cœurs volèrent fur sonpaísege. Les villes & les campagnes retentiííòient d’acclamations. Jamaisson Pere dans les jours même de fa prospérité n’avoit reçu un pareil accueil.Autrefois il falloir ordonner des réjouissances publiques , pour quel-que léger succès; le peuple se livra h celles-ci de son propre mouvement