OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXÏH, Sect. íIX. mj
& sens y être convié par le Prince, mais feulement par l’amour qu’il lui Hift. deportoit. On comparoic son gouvernement à celui desonPere, qui avoit Hollande,été presque toujours malheureux, & à celui du Comte de Leicestre, qui I 58 4 - 1 593-n’avoit travaillé qu a fa propre fortune, & qui ne vouloir les délivrer d’un Accueiljoug que pour leur en imposer un autre. On voyoit un jeune Prince, qu U reçoitmaître de fes passions, méprisant les plaisirs de son âge, livré à l'étude en Uollan-de la guerre & du gouvernement, profond dans Fart de fortifier les vil- áe 'les, profond dans celui de les prendre-, toujours courageux, jamais témé-raire, bien secondé par la fortune, & méritant son bonheur, modeste dansla victoire, désintéreíìe dans le partage des dépouilles, & sacrifiant tout kla patrie. On fe louoit de h continence des soldats, qui n’opprimoiencplus le pays qu’ils dévoient defendre; tandis que les provinces conquises parlés Espagnols, a voient pour ennemis leur défenseurs même.
Cependant le Duc de Parme partit pour la France, après avoir donné Aun. 159 *.une inutile audience aux Ambaílàdeurs de l'Empereur, qui venoient pourrétablir la paix entre les deux partis, mais qui n'inspirèrent de confianceni a P un ni à l’autre. Les Confédérés, que leur haine contre les Efpa- Alliancegnols, la conformité de la Religion de Henri IV avec la leur, & l'estime des Confé-qu’ils a voient conçue pour ce Prince, iméresioit à son sort, lui envoyé- e jf^ s ri a /^ crent un corps de troupes considérable , fous la conduite de Philippe de 1 ’Nassau. Ainsi les Provinces—unies fe trouvoient en état, non - feulementde fe défendre elles-mêmes, mais de secourir un Roi qui recherchoic leuralliance. Henri IV assiégeoit alors la capitale de la Normandie, & parreconnoisiànce pour Elisabeth, il vouloit délivrer la Seine & l'océan Bri-tannique de la tyrannie Espagnole. Le Duc de Parme réussit en estët klui faire lever le siégé; mais dans la fuite ayant été blessé dans un com-bat, il retourna aux eaux de Spa, qui a voient déja été plusieurs fois aussiutiles à fa réputation qu’à six santé;
Son armée de Flandre ne dévoie pas lui offrir un spectacle, qui pût leconsoler de son état. Les soldats, au lieu d’aller chercher l’ennemi & de Mauvaissoutenir dignement Fhonneur des enseignes Espagnoles, avoient ravagé tout é f at dele pays de Liage, de maniéré que la faim les en chassix bientôt; les uns l £r^ é u no i eabandonnèrent leurs drapeaux ; d’autres périrent par des maladies que pro-duisent l’cxcès de la misere & celui de la licence : ceux qui restèrent,ne s’oercupérent qu’à dépouiller les habitans de ce qui avoit échappé k l'aviditédé leurs compagnons. D’un autre côté , les habitans de Groningue avoientenvoyé des députés k l’Empereur, pour lui porter des plaintes amères.
,, Lorsque nous nous sommes donnés k la Maison d’Autriche, difoient-ils,
„ nous n'avons pas cru que tous les maux que nous éprouvons, feroie.nt le„ prix du sacrifice de notre liberté. On nous promettoic un Gouverneur, hronin-„ qui obéiroit aux loix & qui les feroit regner, & nous ne sommes gou- gue..
-, vernes- que par des subalternes, qui ■ dans le droit de commander nevoient que celui d’opprimer. L'importance de .notre ville ne raérite->> t-ctle pas qu’on nous envoye un'chef & une armée pour nous défendre?
„ Q^lle ville voudra déformais s’attacher k la Maison d’Autriche, lors-,, qu on verra l’abandon où l’on nous laiífe?” Ces dépêches surent inter-ceptées , & envoyées en Espagne. Lé Conseil ri’y répondu que par de