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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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Sf.ct. IX.Hist■ deHollande.I534-I593

Siégé deSteenwìk.

Force deest te place ,

120 HISTOIRE DE.HOLLANDE'

belles promesses qui furent fans effet. On avoit vu aussi éclorre quelquesemence de sédition dans les Provinces Confédérées. La Religion en étoicl’objet. Mais le Prince Maurice sçut les étouffer dès leur naissance , &* voulut ouvrir la campagne par le liege de Steenwik.

On fe rappelle que Renneberg avec des forces aussi considérables quecelles de Maurice , avoit envain tenu cette ville inveltie pendant troismois. Elle étoit cependant alors moins fortifiée , qu’au moment où onalloit l’attaquer. Les Espagnols qui la regardaient comme la clef de laFrise, & qui voyoient qu’elle pouvoit dominer tout le goìphe, n’avoientrien négligé pour la rendre imprenable: ils secoient contentés, il est vrai,de faire de légeres levées du côté de la mer; mais les marais y étoientimpraticables, & loin d’offrir un passage à l’artillerie & aux autres ma-chines de guerre, ils s’entr’ouvroient souvent sous les pas du voyageur. Du. côté de la terre, on voyoit regner une terrassé, fortifiée par des rempartsformés de poutres liées ensemble. Quatre bassions redoutables étoienttellement situés, qu’on ne pouvoit en attaquer un, fans s’expofer au feu detous les autres. Ils étoient surmontés de parapets, & leur base étoit dé-fendue par des retranchemens, protégés eux-mêmes par plusieurs rangs depalissades. Le fossé avoit 100 pieds de profondeur, & par le moyen deplusieurs machines hydrauliques on y faisoit entrer les eaux du pays deDrente. Au-delà de ce fossé, on voyoit s’élever en pente douce, uneterraílè commode pour les sorties, & qui descendoit vers la campagne. Lagarnison étoit composée de 1000 fantassins & de 60 cavalier?. On voyoitparmi eux plusieurs transfuges, qui avoient trempé dans la conspirationde Gertrudemberg, & qui ne pouvant attendre après la réduction de la pla-ce, qu’une mort ignominieuse & digne de leur perfidie, étoient résolusde mourir fur la brèche. Le reste étoit composé de troupes d’élite,& tous étoient commandés par Antoine Coquel , officier très expéri-menté. Mais plus l'entreprise paroissoic difficile , plus le Prince Mau-rice fe montroit ardent à triompher de tant d'obstacles. 11 pensaitqu’après cette conquête rien ne lui scroit plus impossible, & qu’elleaugmenteroit la confiance de ses soldats & la terreur de ses ennemis. Lecamp regorgeoit de toutes sortes de munitions, il étoit bien fortifié. Unchemin-couvert laissoit un paflàge sûr aux troupes: les assiégés firent plu-lieurs sorties; mais quoiqu’elles ne fuíìènt pas fans succès, ils s’apperçu-rent bientôt, qu’unc perte qui n’étoit que légére pour leurs ennemis, étoiténorme pour eux. C’est pourquoi ils fe bornèrent k la défense de la place.L’artillerie des affiégeans tonnoit avec furie, & faisoit de grands ravages.Un tertre énorme qu’ils avoient élevé, exposoic une partie de la Ville aufeu de la mousquetterie. Louis d’Hérenberg périt fur les murailles. Desguerriers mo'ins illustres eurent le même sort. Cependant la garnison &les bourgeois ne scmbloient point douter encore de leur défense , ilsosèrent même attaquer une tour de bois roulante , chargée d’armes &de soldats , que Maurice avoit fait construire à la maniéré des anciens.On mit bientôt les mineurs à 1 ouvrage, ils travaillèrent avec tant d’ardeurqu’ils percèrent la première terrasse que le canon n’avoit pu renverser &pénétrèrent jusqu’au fossé, qui sut bientôt comblé de fascines. En même

temps