OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Se ct. IX. mì
temps on creusa des mines, donc l’explosion dévoie renverser les plus Hìjf. de-forces murailles. Les habicans manquoient de poudre, ils actendoienc un Hollande.^secours que Verdugo leur a voie promis, &, pour lui donner le cemns 1 584-1593 ‘d’arriver, ils enramérenc une négociation. Le Prince Maurice exigeoit que 'les transfuges fuílènt livrés à la vengeance, & que -le reste de la garnisonjurât de-ne point porter les armes pendant six mois contre la République.
Mais les députés répondirent, qu’ils n’abandonneroient point leurs défen-seurs , & qu’ils étoient résolus de vivre ou de mourir tous ensemble.
Verdugo leur tint parole; 300 hommes traversèrent les marais avec beau-coup de peine & de péril & encrèrent dans la place. Mais c’étoit un YaplaceJfoible secours, contre les foudres qu’on leur forgeoit dans les entrailles dela terre. La mine joue tout à coup avec un -fracas épouvantable , ellesoulève & renverse un bastion touc entier; d’épais tourbillons de flamme& de fumée, s’élevenc jufqu’aux nues, & jettent çà & là des cadavresdemi brûlés ; elle fut même fatale à quelques-uns des aflìégeans. L’ar-mée rangée en bataille , n’attendoit que le signal de l’asiàut. Maurice Le Princes’avança pour reconnoître la brèche , mais il suc atteint à la joue d’une “ r . ic Jballe , qui sortit par sa bouche. Les soldats surent plus effrayés que lai- e * e " 'même de ce coup imprévu. Cependant il ne vouloit point quitter sonposte : il donnoit ses ordres avec le même sang froid : mais comme l’alarmeavoit passé de rang eu rang, & qu’aux extrémités on le croyoic presquemort, on remit Taflaut à un moment plus favorable. Cependant ons’avança jusqu’à ces débris énormes, que l’explosion de la mine avoit jettéscà & là. On y planta les drapeaux, & les assiégés se virent enfin réduits à seretrancher dans le marché,pour donner à leurs députés le temps de capituler.
Le Prince Maurice qui avoit connu leur courage,ne voulut point tes La villeréduire au désespoir. 11 leur accorda des conditions honorables, fit grâceaux transfuges, & punit plusieurs de ses soldats, qui avoienc insulté ceuxde la ville au moment où ils en sortoient. Au reste, cette conduite de-venoit néceflàire. Mondragon raílèmbloit des troupes; & la ville auroitpu être secourue, fl l’on ne s’étoit pas hâté d’en prendre poílèffîon.
Ces préparatifs des Espagnols n’empêcherent pas le Prince Maurice d’en-treprendre un nouveau fiege, celui de Coevorden,'ville aussi redoutableque Steenvvic par -fa situation & ses fortifications. Frédéric de Heren-berg y commandoit. C’étoit -un des -plus braves guerriers , & surtout
un des plus opiniâtres qu’on eue vu fous les enseignes Espagno-les. II défendit la ville avec tant de courage , répara les ravages del’artillerie avec tant d’activicé, fit des sorties 6 vigoureuses, qu’après plu-sieurs afiàuts, après l’explosion de plusieurs mines, lorsqu’on lui offrit unecapitulation honorable, il répondit froidement, qu’ilfalloit attendre encorequelques mois. J1 ne comptoit pas seulement sur ses propres ressources, &fur -la valeur de la garnison, il attendoit encore un puissant secours des Espa-gnols. En effet Verdugo avoit demandé au Duc de Parme qui revenoit deFrance une armée pour secourir Coevorden. Les soldats étoient fatigués, Verdugt& se refusoient à cette expédition qu’on leur propofòic sans leur donner le a *
tems -de reprendre haleine. Cependant on parvint à raíîèmbler 10000 fan- CoTvordm*talfins, & sept cornettes de cavalerie, qui voulurent bien eíîuyer de nou-Tome XLIV. n