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HISTOIRE DE HOLLANDE
Sfct. IX.Hist. <IeHollande.X584-I593.
Trahisonimpunie.
Surprise
nocturne,.
Retraitedes Espa-gnols.
La villese. rend.
velles fatigues & s’exposer à de nouveaux périls. On y ajouta 3000 hom-mes destinés à augmenter les garnisons, que les Espagnols avoient au-delàdu Rhin. Le deíìèin de Verdugo étoic d’en venir à une bataille décisive.Le Ptince Maurice ne l’ignoroit pas, & quoique son armée eût été forci*fiée encore par un Régiment Anglois, & par celui de Stolberg levé dansle Duché de Cleves, cependant il ne jugeoit pas son armée aílèz nom-breuse pour garder à la fois, les lignes de circonvallation qu’il avoit faitescontre les Espagnols & contre les assiégés. II en fit d’autres moins éten-dues, & envoya Philippe de Naílàu à la tête des Anglois & des Allemands ipour observer la marche de l’ennemi, & palier ensuite dans Piste de Gra-venwaarc, où étoic le principal dépôt des munitions de guerre. Verdugos v avança en effet jusqu’à la vue du camp, qu’il examina avec beaucoupd’attention: il avoit des intelligences jusque dans la tente de Maurice. Ungentilhomme favori de ce Prince lui rendoit compte de tout ce qui se-paílòit dans son conseil’ & lui- donnoic le plan des fortifications. Telle étoicla foibleílè du Prince pour ce perfide, qtPil ne pus se résoudre à le punir,lorsqu’il eut découvert sa trahison» Verdugo préparé à Patraque & par leslettres de ce traître, & par ses propres observations, résolut enfin deforcer les recranchemens. II alluma de grands feux pour avertir les assié-gés de son dessein , & les inviter à combiner une sortie avec son atta-
que; mais la destruction du pont de la citadelle, qu’ils n a voient pû réta-blir , s’opposoit à cette disposition qui devoir, mettre, les assiégeans entre-deux feux ; e’étoit à la faveur des ténèbres qu’il devoir porter la mortdans le camp des Confédérés. II avoit ordonné à ses soldats de se revêtird’une chemise par dessus leurs habits pour se reconnoître dans l’obfcuricé.Cependant les soldats de Maurice dormoient dans une sécurité profonde rtout-à coup ils sont réveillés par ce cri terrible : le camp esì sur-pris ! En même temps ils voient les Espagnols déja maîtres d’une partie-lles retranchemens. Dans ce trouble, ils prennent leurs armes à la hâte,.,s’arrê.tent. par pelottons inégaux, fans ordre, mais non pas fans fermeté: laplupart des cavaliers combattent à pied; tous montrent plus de courage qued’étonnement, & sont tête à l’ennemi en se développant pour se réunir. Leschefs- commandent , les soldats obéissent avec un sang froid qu’on n’eûtpas attendu dans une pareille occasion. Guillaume de Naílàu charge lesennemis en flanc & taille en pieces les plus avancés. Le resta de i’arméeattaque à. son tour les assaillans & les force à faire une retraite précipi-tée. Ils fe montrèrent encore en bataille pendant plusieurs jours, invitantles Confédérés à sortir de leurs lignes; faute que le Prince Maurice fegarda bien de commettre. Enfin Verdugo disparut après une tentativeinutile, dont il s’étoit promis tant de succès. II fallut que les vieux offi-ciers de la. garnison pressassent Frédéric de fe rendre, conseil qu’il n’eucjamais pris de lui-même: il capitula enfin, & Maurice toujours nobledans ses procédés,, lui accorda les conditions honorables que méritoit unefi belle défense,. Les- armées restèrent encore longtems peu éloignées-Fiine de l’autre, en s’observant avec un égal soin d’éviter le combat. Maisenfin les pluies de l’automne qui inondèrent les campagnes, les forcè-rent à fe séparer & h rentrer dans leurs quartiers.
Le Duc de Parme qui trouvoit. la fortune acharnée à le persécuter e»