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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. IX. I2Z

Flandre, crut qu’elle Jui seroit plus favorable en France, & qu’il triom-pheroit plus aisément d'un Roi que d’une République. II s’acheminoit versce Royaume, lorsque la mort Farrêta fur les frontières de l’Artois. Peude tems avant fa mort, on avoit vu arriver d’Efpagne le Comte de Fuen-tes, son ennemi déclaré. On ne manqua pas de l’accufer de la mort de ce‘Général. On jetta môme des soupçons fur Philippe, qui depuis longtemslui reprocboit fes extrêmes largesses, reproche en effet très fondé (puis-que la dépense de l’armée Espagnole étoit au moins quadruple de celledes Confédérés), mais qui ne pouvoit justifier un soupçon de cette na-ture. La mort d’un homme attaqué depuis fi longtemps par des maladiescruelles, d’ailleurs épuisé de fatigues, n’avoit probablement rien que denaturel : mais le peuple ne donne rien à la nature, quand il s’agit des hom-mes extraordinaires qui ont excité son admiration. II lui semble qu’ayantvécu d’une autre maniéré que le commun des hommes, ils ne doiventpas mourir comme eux.

Alexandre Famese, Duc de Parme, n’avoit pas donné dans fajeuneílèles hautes espérances qu’il remplit depuis : fous le gouvernement de Mar-guerite fa rnere , l’amour de la gloire ne fembloit pas l’enflammer &route fa conduite ne promettoit qu’un homme obscur , esclave de fesplaisirs. Mais nul ne trompa mieux les jugemens que l’on porte fur l’en-fhnce, & soit que dans cette inaction apparente, il eût en secret étudiél’art de la guerre, soit que son génie fe fût développé tout à coup comme•celui du Duc d’Albe, il parut digne du commandement dès qu’on l’eûcremis entre fes mains. 11 sacrifia son repos, fa santé, à fa gloire & auxintérêts de Philippe : fidde à ce Prince qui le haiffoit. il ne parole pasqu’il ait voulu s’agrandir au préjudice de son maître. Du moins s’il eucquelques vues d’indépendance, il fçut si bien les dissimuler , qu’on nepourroit Fen accuser , fans injustice. Généreux , mais avec profusion, ilpuyoit trop souvent avec de For des services dont Fhonneur seul doit êtrela récompense-: ce furent ces largeílès qui le .rendirent suspect à la Cour deMadrid; il entendoit peu l’économie politique & ne fçavoit faire de gran-des choses qu’avec de grands moyens,; autant il fçavoit bien commanderune armée dans un siégé ou dans un combat, autant il ignoroit Fart de lacontenir, lorsque Féloignement de Fennemi, ou les rigueurs de Fhiver latenoient dans Finaction. Ses soldats n’ëtoient que des brigands en-graissés de carnage & de rapines; leurs fréquentes révoltes lui sirènetrop connoîcre les fuites funestes de cette licence qu’il toléroit. II avoirété modeste dans la prospérité, mais il parut un peu fossile dans le malheur.II écoutoit volontiers les conseils, avant de prendre un parti: mais lorsquefa résolution étoit fixée, il y étoit inébranlable (i). Un de fes plusintimes considéras avoir été Gaspar Robles , Seigneur de Lilly , & les

disgrâces qui fe succédèrent après la mort de ce favori, prouvent aíïèz queRs premiers avantages croient en partie dûs à fa sagesse. La taille d’Alexan-dre étoit médiocre ; son extérieur n’avoit rien de remarquable que la vivacitéde fes yeux & la majesté de son front. Les Historiens Hollandais lui

O) Reidanus Liv. ix, Grot, Hist. Liv. III.

Q 2

Hist. deHollande.

1 584-159.1.

Mort duDuc deParme.

Soupçonsfur lacause desa mort

Portraitde cePrince .