OU- DES PROVINCES' UNIES, tnr: XXXIII. Sjící; X. 125
,, ont'piyé des contributions, lorsque ceux-ci étoient les plus forts, Hist. de„ & qu’ils ne les ont pas traités avec- afïèz de rigueur, lorsqu’ils étoient Hollande.
„ les plus fossiles. Je vois de vaítes campagnes leur payer un tribut I S9 3- 1<? 4 8 »„ annuel, comme à leurs Souverains : si ce tribut n'est-‘pas une preuve„ de leur obéissance pour les Confédérés, c’en est d-u moins une de leurM foiblesiè & de leur peu de courage. Leur est-il plus difficile de se„ défendre, qu’a l’ennenii de les attaquer ? Ces habkans que le spectacle„ de tant de combats a u roi t- dû aguerrir, ne peuvent-ils-pas prévenir ces„ ravages en les portant eux-mêmes chez l’ennemi ?' Il n’y a qu’un-„ moyen de les repousser, c'est de laiílèr encre lui & les sujets du Roi,
„ des solitudes incultes , où fa cupidité ne puislè rien rencontrer qui la
„ satisfaite. La valeur de nos troupes s’est éteinte, là discipline militaire„ est oubliée, les soldats rendent les armes, parce que l’ennemi leur„ promet une prison douce-. Les villes ouvrent leurs portes pour é-„ cbapper au pillage ,- T-amour de là-vie énerve nos troupes , nous ne„ pouvons leur rendre leur ancienne valeur qu’en les mettant dans l,a„ nécessité de vaincre ou de périr, & en leur ôtant tout espoir d’être„ bien traités par les vainqueurs. II faut rendre nos ennemis féve-
,,-res par notre exemple, afin que le soldat n'attendant plus des„ fers, mais la mortaime mieux la. recevoir fur- le champ de
„ bataille.”
Ce discours avoit entraîné quelques esprits auíïi farouches que celuidu Comte de Fuentes , mais il déplut à ceux qui desiroienc que lesloix de l’honneur fussent respectées dans la guerre & que l’humamté n'y.fût pas écrasée sans nécessité. Ils alléguoient l’exemple du Duc d’Albe,qui avoit reconnu que.la cruauté rendoit les Espagnols plus odieux, fansles rendre-plus puiàns , &-qui avoit ét& forcé- d’adoueir la rigueur deson gouvernement. „ Les mêmes choses, difoient-ils, ne conviennent,, pas à tous les temps & à tous les lieux. Nous ne devons plus trai-ter comme de vils rebelles, un peuple puistànc, soutenu par de puiffims,, Alliés, & qui a pris k consistance, d’un Etat. Le but de Philippe est,, de soumettre fes sujets &-• non de les égorger : - à quoi lui servira fa,, conquête-, s’il ne régné que fur'un désert. Le parti de la modération,, est le plus glorieux-, comme il est le plus sage ; les Généraux qui ont,, respecté les travaux du laboureur , Lt la vie du bourgeois, ont été„ estimés de toute la terre, & leur-douceur a facilité-leur conquête:pensez - VOUS d’ailleurs que les ennemis ne nous rendront pas - avecusure, tous les maux que nous leur ferons , -& qu’ils ne régleront„ pas leur conduite fur la notre ?- Vaincre ou mourir est une maxime„ bien héroïque fans doute, mais on ne peut pas la suivre dans tou-,, tes les occasions, & il en est d’imprévues où l'homme le plus cou-„ rageux est forcé dè-rendre les armes.' Que deviendront-alors de bra-ves Officiers , qui fe trouveront danï cette dure nécessité ? Ne vau t-,, h pas mieux conserver leur sang pour ísiïilippe, que de répandre avecs» tam d’inhumanité celui « dé- nos ennemis prisonniers ? S’il y a de lalâcheté k rendre les armes, n’y en a t-il point à égorger celui qui-lles a rendues?» ^ v 6 à
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