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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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X*6 H I S T Ó I RE DE H O L L A N D E

Srct. X.Jlift . deHollande.1593-1648,

Ordonnan -ce àu Com-te de Fueti-tes.

Effet decette mau-vaise poli-tique.

Cette Or-donnanceest révo-quée.

Siégé deGertru-demberg.

Ces remontrances ne firent qu’affermir le Comte de Fuentes dáns facruelle résolution , & comme les vieillards entêtés font toujours peucompatifiàns, le Comte de Mansfeldt approuva fa proposition & la fit adop-ter par toute l’afiemblée. II publia donc une ordonnance, («)-par la-quelle il défendit fous peine de la vie , de payer aucune contribution àl'ennemi , & de prendre de lui des fauve-gardes. 11 ordonna en mêmetemps, qu'à f approche de f ennemi-, on sonnât le tocsin pour appeller lesvoisins , qu'on Je défendît ensuite jusqu à la derniere extrémité , & qu'mfît pendre tous les Confédérés que l'on pourroìt prendre.

Le premier effet de cette rigoureuse ordonnance fe tourna contre lesEspagnols. Les biens des Nobles, qui ne pouvaient plus les racheter pardes contributions, furent saccagés fans pitié. Un grand nombre de soldatsdésertèrent ; les autres refusèrent de marcher contre un ennemi, dont ilsn’attendoient plus aucun quartier. „ Quelle est notre destinée , difoient-„ ils: nous vendons notre vie à nos maîtres pour peu d’argent ; ils„ différent même de nous le payer, quoique nous ne puissions pas différer„ de combattre. Le fruit de ,1a victoire n’eíl point pour nous; mais íì nous„ sommes vaincus, il faut expirer fur un gibet par les mains de nos enne-,y mis. Voilà le prix dè nos travaux.” Les Colonels & les Capitaines n’é-toient pas moins indignés de cette rigueur, dont ils pou voient être aussi lesvictimes. Ce qu’on avoit prévu arriva. Les Etats Généraux publièrent uneordonnance pareille à celle du Comte de Mansfeldt : ils s’excufoient auxyeux de l’Europe, en faisant voir qu’iís fuivoient f exemple de la cruauté &qu’ils ne le donnoient pas . & surtout en accordant aux Espagnols jufqu’aupremier Avril, pour changer de résolution & révoquer leur ordonnance;mais ce terme expiré, fl l’ordonrance n’étoit pas annuliée , ils dévoientrendre aux Espagnols cruauté pour cruauté, injustice pour injustice.Elle fut enfin révoquée, & l’on n’tût que la honte de savoir conçue &publiée.

Cependant Maurice ouvrit la campagne par le fiege de Gertrudemberg;expédition mémorable par les obstacles qu’il fallut surmonter, par les travauxinouïs des assiégeans, & qui auroit toujours couvert Maurice (Tune gloireimmortelle, quand même ellen’auroit pas réussi. II fe plaça à l’Occidentdela ville, avec le jeune Frédéric-Henri son frère, à qui elle avoit été léguéepar le testament de Guillaume. Hohenlo avoit pris son quartier à FOriennGertrudemberg étoit entouré de marais, que la mer couvroit dans son refluxen grossissant les eaux de la Dongue. Maurice fit faire des lignes de circon-vallation si fortes , qu’elles refïèmbloient aux remparts d’une ville, & fiétendues qu’il falloit selon Grotius (b) trois heures pour les parcourir. En-tre les quartiers que la Dongue féparoit, on jetta des ponts, on éleva desdigues de terre & de fascines, revêtues d’un double parapet. Le? endroitsles plus bas furent hérissés de palissades: des pieces d',artillerie furent pla-cées en dif&rens endroits : par le moyen des machines hydrauliques, dont

f o.) De Metcren Lìv. XFU.(.*) An. des J\ U.