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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv.XXXIIÍ. Sect. X. 127

ía néceffité. a enseigné l’usage auX Hollandois , on inonda les foffés les plus Hijl. deélevés, & on se rendit maître de cette eau par des écluses. Le coté du gol- Hollande,phe appelle Biesbos, où Fennemi pouvoit aborder , fut défendu par des 1593'1648svaiíTeaux de guerre. Ils étoient liés ensemble par des cables soutenus par de "moindres vaisseaux & toute cette flotte étoit couverte d’artillerie. Desbrigantins plus légers croisoient pendant la nuit jusques fous les murs de laville ; ils en reniioient l’approche & la sortie si difficiles , qu un- Espagnolqui s’étoit jette à la nage z ne put échapper à leur vigilance ; il portoitauComte de Mansfeldt des lettres de la garnison T qui lui demandoit un promptsecours-. Maurice ne retint ni ses lettres ni le meflâger; il lui sic parcourirtout son camp, lui montra toutes les fortifications,& l’envoya au Comte deMansfeldt, en le chargeant de lui dire dans quelle pofture il l'attendoit.

Comme la mer formoic une communication encre le Camp & les Provinces Ai on d a nc^de Hollande & de Zëlande, une multitude de barques apporcoient des provi- dam 1 efions de toute eípece ; leur réunion formoit une sorte de marché flottant, camp*couvert de soldats , qui achetoient à vil prix ce qui leur étoit nécctîâire.

Maurice avoit établi dans le camp une discipline si sévere, que les labou-reurs venoient cultiver leurs terres jusques sous les retranchemens, avec. au-tant de sécurité qu’ils l’auroient fait au sein de la paix. Lorsque les soldatsn’étoienr point occupés de fonctions militaires , on les employoic commepionniers, à Fexemple des anciens Romains., que Maurice prenoic pour mo-delés , autant que le lui permettoit la révolution qu’a fait dans l’arc militaireFinvention de la poudre. 11 fit encore des lignes de contrevajladon, -contre la garnison. Elle n’étoit pas nombreuse ; mais c'étoit l’élitè deFarmée Espagnole.. La tranchée fut pouflee. fort avant & Farcillerie .bat-toir les murailles avec beaucoup de succès. On prétend que YVaterdilt,-qui n avoit pu entrer dans la place, dont il étoit Gouverneur, & qui s’é-.toit retiré à Bolduc, se servit d’un pigeon pour faire parvenir une lettre,à de Mazieres, son Lieutenant..

On ajoute que cet oiseau fut pris par les soldats de Maurice.- Ce Stratagi-Général, ouvrit lâ lettre : Waterdik promettoit a de Mazieres un prompt me desecours; il lui ordonnoic de faire élever le plus qu’ii pqurroic, les platte- Maurice*-formes au quartier de Ramsdonk,. asm, que les signaux.réciproques fuísencplus aisément apperçus. Maurice substitua, dit-on, à cet ordre un ordretout contraire, & rendit la liberté au meflâger. Les Officiers de la. gar-nison du haut de la toun de la principale église examinoient ce qui se 'pafloit dans ie camp. Elle écpit si élevée, qu’on nç pouvoit cacher àleurs yeux, ni les travaux des-soldats, ni leurs mouvemens. Hohenlorésolut de se délivrer dè ces observateurs importuns.- II fait pointer un •grand nombre de pieces d’artillerie contre cette tour.- En même temps, -fl donne une fausse alarme dans son camp. De Mazieres n’eut pas plu-tót entendu ces cris trompeurs, qu’il monta à la tour, suivi de plusieursOfficiers z. mais tout à coup Fardllerie joue ;. lá tour s’écroule & lesentraîne dans fa chute. Cependant les Comtes de Mansfeldt & de Fuen- 1tes crurent, qu’un opprobre ineffaçable dloit couvrir les armes Efpagno*les, si cette place importante n’étoit pas secourue. Us rappellerent letrtroupes qui étoient en France, où-elles faisoienc de- vains efforts pour'