ïaB HISTOIRE DE HOLLANDE
Sect. X. soutenir ■ la Ligue expirante. Enfin ils se mirent en marche avec 1200©
//.;/?. de fantassins & 3000 chevaux. Le vieux Mansfeldt fut étonné à la vue
Hollande^ <jes prodigieuses fortifications du camp: il se posta d’abord vis - à - vis
I ^* 1 le quartier de Maurice. Mais il y resta dix. jours fans oser rien en-treprendre , & voyant tous ses convois interceptés par la cavalerie deBreda , il changea de quartier & se posta près du Comte de Hohen-lo. Lè il s’occupa tantôt à détourner Peau, tantôt à élever au milieudes marais une chaussée de fascines ; mais rien ne lui .réussit. Lessoldats de Maurice étoient déja au pied des remparts , ils éioient maî-tres d’un ravelin qu’on jugeoit imprenable. L’artillerie des assiégésétoit démontée. La terreur regnoit parmi les bourgeois. & la garnilònRetraite de étoit étonnée -de voir flotter Jes enseignes de Mansfeldt, lans que la pré-Jtfíwìfehlt. ponce de son armée apportât aucun changement à sa situation. Ce futdans ces circonstances que le vieux -Général écrivit aux soldats qui■ . défendoient la ville , qu’il alloit décamper , mais -qu’iis fe gardaílent
bien de croire , qu’en fe retirant il les abandonnoit : qu’il avoicd’autres moyens pour les délivrer , & qu’ils reílèntiroient bientôt l’effetde son assistance. -Cette lettre tomba entre les mains de Maurice , quife garda bien de la retenir. II l’envoya à la garnison, sur laquelle ellefit ['impression -qu’il avoit prévue. Elle avoit déja perdu trois Comrnan-dans , qui s’étoient succédés en l'absence de Waterdik. Elle n'avoitplus de Chef, & le Général dont elle attendoit fa délivrance , l’aban-
Lagarni- donnoit à fa propre foibleflè. Elle prit alors le parti de capituler. Oa
i»ncapitule. ne j u j j a jjp a p 0 ; llt p es drapeaux, mais on lui permit de sortir l’épéeau côté avec son bagage. On accordoit la vie sauve aux habitans com-me aux soldats ; mais on en avoit excepté les traîtres , qui avoient
livré la ville aux Espagnols. O11 en découvrit trois, qui reçurent une mortdigne de -leur perfidie.
Le Prince Frédéric- Henri de Naflàu obtint à la fois la propriété &k ' gouvernement de la place ..conquise. Les Espagnols par leurs fré -, quentes révoltes , 'fettibloient vouloir contribuer eux-mêmes au succès de
leurs ennemis. Leur insolence 11e connoifloit plus de frein , & par lesTempêtefu- ravages qu’ils exerçoient dans leurs propres Provinces, ils leur inípiroientveste au le désir de fe réunir aux Confédérés. Ceux-ci essuyèrent cependant unecommerce p erte .considérable, qui porta la désolation dans les familles commerçan-Idíris 1 ^' tes * 'Une tempêté affre&fe , fit périr plus de vingt vaisseaux richementchargés, & si elle ne ruina pas le commerce des Confédérés, du moins elleen rallentit-les progrès.
Ann. 1594. Cependant on vie arriver à Bruxelles, l’Archiduc Erneste, frere de l’Em-d'^rnefi pereur Rodolphe , nommé par Philippe au gouvernement des Pays - Bas.dans/es Ce Prince avoit levé beaucoup de troupes en Allemagne ; mais commePays-Bas. elles n’étoient point páyées, elles manquèrent au rendez-vous, & Ernestelè vit réduit aux seules forces de l’Eípagne. 1-1 mit d’abord dans íà con-Jlétritaux duite une modération que ses ennemis traitèrent de foibleflè. II écrivit auxEtats. Etats. -On liíbit fur fa lettre ces titres pompeux : Aux Illustres, Nobles,Honorables, Prudens, nos Chers & bien aimés, les Etats de Gueldre,Hollande^ Éélande, Utrecht, Overyílèl & autres aíïèmblés à la Haye en
Hol-