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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. X. 129

Hollande. II leur rappelloit d’abord, les malheurs qui suivirent leur pre-mière révolte ; il ajoutoit ensuite, que la fortune, qui depuis avoir pa-ru les favoriser , pouvoir se démentir & les exposer à la vengeance daRoi ; il leur offioit fa médiation auprès de lui, pourvu qulils proposassentdes conditions raisonnables , qu’un Monarque put accepter lans rougir.Cet écrit avoir essuyé de grandes objections dans le Conseil de {'Archi-duc. ,, Nos ennemis, " difoit le Comte de Fuentes, „ n'ignorent„ pas l’état de nos affaires; en lisant cette lettre, ils croiront plutôt à„ la foiblesiè du Roi, qu’à fa pitié pour ses peuples. On ne peut,, faire de paix avantageuse, que lorfqu’on est vainqueur; l’offrir iors-„ qu’on est vaincu, c’est plutôt la demander. Remettons ces négociations„ à des temps plus heureux, où la supériorité de nos armes nous per-mettra d’impofer des conditions & non d’en recevoir. Ces promessesRaccommodement ne feront que les enorgueillir & nous attirer leur„ mépris, & non leur confiance.”

En effet les Etats répondirent fièrement, que {'injustice de Philippeavoit légitimé leur indépendance, qu’ils ne pouvoient fe reposer fur aucunTraité avec un Prince, qui les avoit violé tous ; que les cruautés desEspagnols envers ceux qui s’étoient soumis, avoient rendu la paix im-possible avec ceux qui ne l'étoient pas; qu'enfin ils attendoienc de Dieuseul & de leur épée, la décision de ce grand différend. De nouvellesconspirations qui firent {'entretien de toute l’Europe, rendirent les Espa-gnols encore plus odieux. Jean Châtel avoit porté une main parricidefur Henri IV, dont les jours avoient déja été plusieurs fois exposés aufer des aílàflìns. II n’étoit point de sûreté pour les têtes couronnées,ennemies de {'Espagne; cette Cour fe promettoit en Angleterre unevictime non moins illustre que Henri IV. Un Juif Portugais , nomméRodrigue Lopez, (1) promit d’empoifonner la Reine Elisabeth ; il étoicson Médecin, & la confiance de cette Princesse lui rendoit ce crimefacile. II avoit une correspondance suivie avec Fuentes, Ybarra, &Christophe de Mora, l’un des principaux Ministres d’Efpagne ; il reçutmême de ce dernier, un bijou de grand prix & la promesse de cinquantemille écus; mais la conspiration fut découverte. Rodrigue Lopez & fescomplices expirèrent au milieu des tourmens. L’aveu qu’ils avoient fait deleur exécrable dessein, fut publié, & Philippe, en conservant Christophede Mora au nombre de fes Conseillers, fit aílèz voir qu’il avoit du moinsapprouvé cet attentat, s’il n'en avoit pas conçu la premiere idée. Cessoupçons furent encore confirmés par la protection ouverte, quele gouvernement accordent à des livres, où l'on foutenoit , qu’afiàs-íìner un Prince hérétique , n’est point un crime , mais une actionlouable.

Vers le même temps on découvrit Un pareil attentat, projetté contreles jours du Prince Maurice. ' L’instrumenc de ce crime étoic-un moine,nommé Michel de Renichon, Prêtre dans le Comté de Nam.ur, Mais leComte de Barlaimont en étoic fauteur, & {'Archiduc Erneste ne i’avoic

(i) Bemivoglio Part. m. Liv. i.

Tome XLIV. R

Hist . âè '

Hollande.

1593-1648.

Réponse desEtats.

Conspira-tions .