SrcT. X.
Uijl. de
Hollande.
1593.1648.
R fpentird'un Con-juré.
Nouvelle
perfidie.
Redditionde Groiìin *
*ue.
t 3 ® HISTOIRE D E HOLLANDE
pas ignoré. Le bandeau du fanatisme tomba des yeux du coupable aumoment du supplice ; il ne le regarda point comme la couronne dti;martyre , & vit son forfait dans toute son horreur : il en témoigna leplus profond repentir &. abjura la Religion Romaine , pour laquelle ilavoit voulu le commettre. A peine échappé à ce péril , Maurice tom-ba dans un autre : l’Archiduc & fes Conseillers , engagerent un soldatWallon, nommé Pierre Dusour, à leur livrer Berg-op-zoom, & à trem-per fes mains dans le sang du Prince. Le coupable fut découvert, & soncorps coupé en quatre quartiers fut exposé fur les murailles de la ville,qu’il avoit voulu trahir. Ainsi Erneste ne recueillir d’autre fruit de cesdeux crimes, que la honte de les avoir projettés. II en devint plus odieuxaux yeux des Confédérés, & fa moleste le rendit méprisable aux yeux desEspagnols. II voulut fe justifier., mais la confession de deux mouraus fit plusd’impression que de. vains écrits.
Maurice ne relia point oisif pendant l’hiver ; il fit d’iâbord quelquestentatives malheureuses , mais il réussit à faire lever le siégé de Coevordenque Verdugo avoit investi. Enfin il fe présenta devant Groningue. Lagarnison occupoit un fáuxbourg bien fortifié , parce que les habitans-jaloux de leurs anciens privilèges, n’a voient pas voulu, la recevoir dansleurs murs. Mais les bourgeois accoutumés aux périls de la guerre ,étoient eux-mêmes autant de soldats. Le siégé fut poussé avec ardeur &.soutenu de même. Les boulets rouges , dont on sic uíàge ,. causerencplusieurs incendies, qui-forent étouffés, dans leur naissance, par les assié-gés. Mais une mine ayant fait sauter un ravelin, les habitarrs craignirentle même fort pour la ville entiere , & consentirent à capituler. Leursprivilèges furent conservés , la ville fut traitée comme les autresvilles Confédérées. Maurice nomma de- nouveaux Magistrats, & con-fia le gouvernement de la place à. Guillaume de Nassau, Gouverneur de:la Frise.
Les succès de Maurice n’ëtoient pas les- feules di/graces des Chefs-Espagnols; leur propre armée leur donnoit autant d’inquiétude queî’armée ennemie. Verdugo . fe vit tout à coup abandonné, par une par-tie de fes. troupes. Ce fut envain que le Gouverneur, de Rheinbergenvoulut fermer à ces déserteurs le passage du Rhin. Les habicans dupays de Clêves leur fournirent des bateaux, pour fe délivrer de ces hôtes-incommodes: ils. afférent dans le Brabant fe réunir h d’áutres mutins,car les révoltes fe fuceédoienc avec tant de rapidité, que la fin de l’unefembloit être le commencement d’une autre. Les rebelles prirent les armescontre leurs Chefs , se retranchèrent dans leur camp, levèrent des con-tributions dans des pays voisins, & osèrent faire des courses jusques sousles murs de Bruxelles, oùTArchiduc faisoit fa résidence. Cç Prince écoicindigné de leur audace : mais íà colere étoit. fans effet. Son Conseil,même ne sçavoic quel parti prendre, ou celui de la sévérité, ou celui dela clémence. Tandis qu’on délibérois, le mal augmentoit de jour enjour, & les rebelles députèrent vers Maurice, pour lui demander un asylefur les terres des Confédérés, dans le cas où ils feroient poursuivis par desforces supérieures. Ce Prince n avoit. aucun dessein, d enrôler fous fes dra»