OU DES PROVINCES UNIES-, Liv. XXXIII. Skçt. X. , af
! peaux des soldats, qui ne Rideraient pas. à le trahir. Mais il saisit cette oc* hîS. de■ casion de- rendre du moins inutile & funeste à l’Archiduc lelite de -ses trou* Hollande,pes. Sûrs de cette retraite, ils se tinrent dans Sichetn, qu’ils fortifièrent, '593-1648.& y attendirent de pied ferme Dom Louis de Velasco, qu’on envoyoitcontre eux pour les réduire. Ce Général fut malheureux dans ses premieres des EfZ-attaques , & fe vit contraint de changer le siégé en blocus. Ce qu’d y a gntls.de plus étonnant, c’est qu’il ne s’opposa point à la sortie des rebelles,
• .qui alloient fe cantonner fous les murs de Lreda, d'où ils firent des cour-ies fur les Provinces Espagnoles, & enrichirent non - seulement eux-inê--mes , mais aussi les Confédérés des dépouilles des sujets du Roi. LePrince Maurice les traita comme alliés ; il leur fournit des vivres , du
• canon & même de la cavalerie pour les seconder dans leurs entreprises.
On a loué la conduite du Prince Maurice en cette occasion. II est cer-tain cependant que ces rebelles pouvoient devenir des hôtes dangereux,
& acheter leur amnistie en tournant leurs armes contre le Prince, quileur avoit donné aíylc. Mais les cavaliers qu’il avoit associés à leurscourses, pouvoient lui répondre de la fidélité de ces mutins, ou du moinslui rendre compte des complots, qu’ils trameroienc contre lui. L’Archi-duc Ernesle envoya leur offrir leur pardon , leur solde & le congé deceux, qui feraient dégoûtés de la guerre. Cette négociation aurait réussipeut-être, si les rebelles n’avoient pas intercepté des lettres-, qui leur fi-rent voir un piege dans ces offres séduisantes. Ou -n’avoic point encorevu de gouvernement aussi malheureux que celui de l’Archiduc, Plus le•Prince étoit foi'ole , plus la soldatesque étoit insolente. La nécessité com-mençoit les révoltes, & le goût du brigandage les perpétuoit., II auraitfallu'’deux armées, pour contenir celle-là, & quand le vigilant Mauricen’auroit pas toujours tenu fes forces réunies. contre celles des Espagnols,celles-ci íe feraient détruites d’elles-mêmes. Le seul Verdugo les avoitcontraints quelque temps, ou par i’estime qu’ils avoient pour lui , ou parles promesiès dont il les flattoit. Mais bientôt la famine so fit tellementssemir dans son camp-, que la désertion devenoit inévitable ? 11 étoit mê-me difficile de punir des soldats, qui ne quittoieot leurs drapeaux que parla nécessité d’aller chercher leur subsistance. Ceux qui reslerent près delui , essuyèrent de nouveaux malheurs. Les glaces fe rompirent & enengloutirent un grand nombre. Le reste fe retira en désordre. Ainsi toutle succès de cette campagne fe borna à l’inçendie de quelques villages.
Plusieurs causes avoient contribué à raííèmbler toutes ces disgrâces fur l’ar-mée Espagnole. La première étoit la foibleíîè de l’Archiduc, qui nes’occupoic dans Bruxelles que de fes -plaisirs ou de fa santé, qu’ils avoientaltérée, & qui par fa mollesse & son incapacité s’étoit rendu plus mé-prisable aux yeux de fes propres soldats, que de fes ennemis même. Lamauvaise administration des finances avoit aussi contribué k tant de désor-dres. Avant que l’argent destiné à l’armée sortit -d’Eipagne, il étoit
ja la proye des sang-sues publiques. Ce qui parvenoit en Flandre , y Espagnols.tonsooit dans des mains non moins avides, &, pourvu qu’il en restât as-sez pour suffire au faste de P Archiduc, & aux besoins des principaux Os-
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